La Cour de cassation vient de trancher : quand des petits-enfants héritent à la place d’un parent renonçant, ils ne supportent pas fiscalement les donations reçues avant par ce parent.
Un enfant peut renoncer à la succession de son parent. Ses propres enfants héritent alors à sa place, par un mécanisme appelé la représentation successorale. Une question restait ouverte : le fisc pouvait-il alourdir leur facture en tenant compte des donations anciennes reçues par le parent renonçant ? La réponse est désormais claire, et elle penche du côté des familles.
L’affaire remonte au décès d’une grand-mère en 2016. Une de ses filles renonce à la succession. Ses trois enfants, petits-enfants de la défunte, héritent à sa place. L’administration fiscale voulait taxer une partie de cet héritage dans des tranches plus élevées, en réintégrant les donations passées reçues par la mère.
Ce que change la décision de la Cour
Les petits-enfants n’ont jamais reçu ces donations : elles avaient été accordées uniquement à leur mère. La Cour de cassation rappelle un principe simple : les donations antérieures ne s’imputent que sur la personne qui les a effectivement reçues. Elle a donc annulé la décision de la cour d’appel qui validait le calcul du fisc.
Concrètement, l’héritier qui vient par représentation est imposé personnellement, selon son propre lien de parenté avec le défunt[4]. Le fisc appliquait des tranches pouvant atteindre 40 % en gonflant l’assiette. Cette pratique est écartée. Les petits-enfants repartent d’une base propre, sans supporter le rappel fiscal des libéralités faites à leur parent.
Transmission aux petits-enfants : les points à vérifier
Ce que vous devez retenir avant d’anticiper
La représentation ne joue que si l’enfant est décédé, renonçant ou indigne[2]. Tant qu’un enfant est vivant et accepte, les petits-enfants sont écartés de la succession[3]. Pour transmettre volontairement à la génération suivante, un grand-parent dispose d’autres outils : donation, testament ou assurance-vie[2]. Un legs par testament reste plafonné par la quotité disponible, qui protège la réserve des enfants[3]. Avant tout arbitrage, faites chiffrer par un notaire l’effet du démembrement et des abattements sur votre situation.
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📊 Chiffres clés
- Tranche fiscale évitée : jusqu’à 40 % sur l’assiette réintégrée
- Quotité disponible avec un enfant : la moitié des biens
- Quotité disponible avec deux enfants : le tiers des biens
- Quotité disponible avec trois enfants ou plus : le quart des biens
- Abattement petit-enfant handicapé : 159 325 € en plus de la quote-part
Source : Boursorama · Boursorama
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
Petits-enfants héritiers par représentation : l'essentiel
- Les petits-enfants héritent à la place d'un parent décédé, renonçant ou indigne.
- La Cour de cassation les protège du rappel fiscal des donations reçues par leur parent.
- Le fisc voulait taxer dans des tranches jusqu'à 40 % en réintégrant ces donations.
- Un grand-parent peut transmettre par testament dans la limite de la quotité disponible.
- La représentation ne joue pas tant qu'un enfant vivant accepte la succession.
Sources
3 sources · 5 faits vérifiés

