Renoncer à l’héritage de vos parents ne pénalise pas vos enfants : ils prennent votre place et conservent l’abattement de 100 000 euros intact.
C’est une crainte que je vois revenir sans cesse en rendez-vous. Un parent veut « passer son tour » pour laisser directement hériter ses enfants. Mais il redoute que l’administration requalifie l’opération en donation déguisée, et vienne rogner l’abattement familial. La Cour de cassation vient de trancher, et la réponse rassure. La renonciation n’entame en rien les droits fiscaux de la génération suivante.
Avec l’allongement de l’espérance de vie, les héritages arrivent de plus en plus tard. Un enfant de 65 ans, déjà installé, préfère souvent orienter le patrimoine vers ses propres enfants. Le mécanisme existe. Encore faut-il en comprendre les règles exactes avant de signer quoi que ce soit chez le notaire.
Ce que la Cour de cassation vient de confirmer
Quand vous renoncez à une succession, vos enfants prennent votre place par le mécanisme de la représentation. Ils héritent directement de leurs grands-parents, selon votre rang. Et surtout, cette renonciation n’est pas considérée comme une donation du parent à l’enfant. Elle ne consomme donc pas l’abattement de 100 000 euros qui existe entre vous et vos enfants.
La conséquence est double. Les petits-enfants ne sont pas taxés sur les donations que leur parent avait reçues par le passé de ses grands-parents[1]. Et l’abattement de 100 000 euros dont vous disposez vis-à-vis de vos propres enfants reste entier, mobilisable plus tard pour une donation ou au moment de votre succession. Attention toutefois : quand plusieurs petits-enfants viennent en représentation d’un même parent renonçant, l’abattement de 100 000 euros du défunt se partage entre eux[4]. Ce n’est pas un abattement démultiplié.
📊 Chiffres clés
- Abattement parent-enfant : 100 000 euros, préservé après renonciation
- Délai pour se prononcer : 4 mois minimum en principe
- Rappel fiscal des donations : 15 ans
Source : Le Particulier · Notaires Efficience
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Ce que vous devez faire avant de renoncer
La renonciation se formalise par une déclaration officielle au tribunal judiciaire du lieu d’ouverture de la succession, accompagnée des conseils du notaire[3]. Vous disposez en principe de quatre mois pour vous prononcer, et vous pouvez revenir sur votre choix tant que personne n’a accepté la succession entre-temps. Avant de signer, vérifiez que vos enfants sont bien majeurs ou représentés, et anticipez la répartition entre eux. Un notaire chiffrera l’économie réelle selon votre situation. Renoncer est un outil de transmission, pas un abandon.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
Renonciation à succession 2026 : ce qu'il faut retenir
- Renoncer à une succession n'est pas une donation aux enfants
- L'abattement parent-enfant de 100 000 euros reste intact après renonciation
- Les enfants héritent par représentation, à la place du parent renonçant
- L'abattement de 100 000 euros du défunt se partage entre plusieurs petits-enfants
- Délai de 4 mois minimum pour se prononcer, choix réversible avant acceptation