Depuis janvier 2026, l’Italie sépare les abattements applicables aux donations et aux successions : chaque enfant peut recevoir jusqu’à 2 millions d’euros sans impôt.
La comparaison avec la fiscalité française donne le vertige. Là où un enfant français bénéficie d’un abattement de 100 000 € par parent renouvelable tous les quinze ans, l’Italie vient de doubler sa capacité de transmission défiscalisée pour les familles qui utilisent à la fois la donation du vivant et l’héritage. Deux décrets législatifs, entrés pleinement en application le 1er janvier 2026, réorganisent en profondeur le régime des droits de succession et de donation. Les familles internationales détenant des biens en Italie sont directement concernées.
Deux abattements d’un million, désormais distincts
Le changement structurel tient en une phrase. Avant 2026, les donations consenties du vivant venaient réduire l’abattement disponible au moment de la succession, un mécanisme comparable au rappel fiscal français. Ce dispositif, appelé coacervo, a été supprimé. Désormais donations et successions disposent chacune de leur propre franchise d’un million d’euros par bénéficiaire éligible, conjoint ou descendant direct.
Concrètement, un enfant peut recevoir jusqu’à un million d’euros en donations tout au long de la vie de son parent, puis bénéficier d’un second million en franchise lors de l’héritage. La capacité de transmission défiscalisée atteint donc deux millions d’euros par enfant. Pour les frères et sÅ“urs, chaque abattement distinct s’établit à 100 000 €. Les taux, eux, ne bougent pas : 4 % pour le conjoint et les descendants directs, 6 % pour la fratrie et parents jusqu’au quatrième degré, 8 % pour les personnes non apparentées.
📊 Chiffres clés
- Abattement donation : 1 000 000 € par enfant ou conjoint
- Abattement succession : 1 000 000 € supplémentaires par enfant ou conjoint
- Capacité totale défiscalisée : 2 000 000 € par enfant
- Abattement frère/sœur : 100 000 € par instrument
- Taux descendants directs : 4 %
Source : Studio Lombardi Malavasi · The Global Wealth
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La réforme n’est pas qu’un cadeau. Le passage à l’auto-liquidation de l’impôt augmente la responsabilité des héritiers en matière de conformité, et le nouveau traitement des trusts impose une analyse obligatoire pour toute structure liée à l’Italie[1]. La déclaration de succession reste à déposer auprès de l’Agenzia delle Entrate dans un délai d’un an après le décès, sous peine d’amendes croissantes[5]. Attention aussi à la réserve héréditaire italienne, qui protège conjoint et enfants au titre des héritiers réservataires[5]. Une donation en démembrement, avec transmission de la nue-propriété et conservation de l’usufruit, mérite d’être étudiée avec un professionnel avant tout arbitrage transfrontalier. L’anticipation reste la meilleure protection contre une transmission subie plutôt que choisie.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
Succession Italie 2026 : ce qu'il faut retenir
- Donations et successions ont chacune un abattement distinct de 1 M€ par enfant depuis 2026
- Un enfant peut ainsi recevoir jusqu'à 2 M€ en franchise totale d'impôt
- Les taux restent inchangés : 4 % pour les descendants directs
- L'abattement frère/sœur s'élève à 100 000 € par instrument
- La déclaration de succession doit être déposée dans l'année suivant le décès

