Succession d’un parent non résident en France, règle des 6 ans sur 10 ans et droits applicables en 2026

Date:

Patrimoine MagazineVos droitsSuccession d'un parent non résident en France, règle des 6 ans sur...

Partager:

Quand le défunt résidait à l’étranger au moment de son décès, les héritiers domiciliés en France restent imposables sur tous les biens reçus s’ils ont été domiciliés en France au moins 6 ans au cours des 10 années précédentes.

Cette règle de domiciliation échappe à beaucoup de familles expatriées. Un parent retraité installé au Portugal ou en Espagne depuis 8 ans, un enfant rentré en France après 7 ans à Londres : le fisc français vérifie systématiquement deux critères cumulatifs. Premier critère, l’héritier doit être domicilié en France au jour du décès. Second critère, cet héritier doit avoir été domicilié en France pendant au moins 6 années au cours des 10 dernières années. Si les deux conditions sont remplies, l’ensemble des biens reçus entre dans l’assiette taxable française, qu’ils soient situés en France ou à l’étranger, sauf clause contraire d’une convention fiscale internationale.

Biens taxables si la durée de présence atteint 6 ans sur 10

Selon Service Public, un héritier domicilié en France qui remplit la condition des 6 années sur 10 paie des droits de succession sur tous les biens reçus, sans distinction géographique. Un compte bancaire espagnol, un appartement à Lisbonne ou des actions allemandes entrent dans l’assiette, même si le défunt vivait définitivement hors de France. À l’inverse, un héritier domicilié en France sans avoir atteint 6 ans de résidence française au cours des 10 dernières années ne paie de droits que sur les biens du défunt situés en France. Un expatrié de retour après 4 ans passés à Singapour échappe donc à la taxation mondiale, même s’il vit de nouveau à Paris au jour du décès.

Girardin Agricole 2026, fonctionnement et réduction d’impôt sur 5 ans

Pour un héritier domicilié à l’étranger au jour du décès, seuls les biens du défunt situés en France sont imposables, quelle que soit la durée de domiciliation antérieure. Un enfant installé durablement aux États-Unis ne paie de droits que sur l’appartement parisien de son parent décédé au Portugal, pas sur le portefeuille portugais ni sur le compte suisse.

Abattements et barème en ligne directe pour 2026

Une fois l’assiette taxable déterminée, l’héritier en ligne directe bénéficie d’un abattement personnel de 100 000 € avant application du barème progressif. Si l’héritier est en situation de handicap, un abattement supplémentaire de 159 325 € se cumule. Pour une part nette de succession de 300 000 € après un double abattement total de 259 325 €, la base imposable tombe à 40 675 €. Le barème progressif s’applique ensuite : 5 % jusqu’à 8 072 €, puis 10 % de 8 072 € à 12 109 €, 15 % de 12 109 € à 15 932 €, et ainsi de suite jusqu’à 45 % au-delà de 1 805 677 €.

Assurance-vie digitale en 2026, ce que les plateformes changent vraiment pour l’épargnant

Chiffres clés

    • Abattement en ligne directe : 100 000 €
    • Abattement handicap cumulable : 159 325 €
    • Seuil de récupération Aspa 2026 (personne seule) : 8 463,42 € par an

Source : Service Public

Récupération sur succession de l’allocation de solidarité aux personnes âgées

Si le défunt percevait l’Aspa, le conseil départemental récupère les sommes versées sur l’actif net successoral, dans la limite d’un seuil annuel revalorisé chaque année. Pour un décès intervenu en 2026, le seuil s’établit à 8 463,42 € pour une personne seule et à 11 322,77 € pour un couple marié, pacsé ou ayant vécu en concubinage, contre respectivement 8 387,93 € et 11 221,78 € en 2025. Un parent seul ayant perçu l’Aspa pendant 5 ans expose ses héritiers à un montant maximal de récupération de 42 317,10 € (8 463,42 € × 5), plafonné au total réellement versé durant toute la période. Cette récupération s’ajoute aux droits de succession classiques et grève l’actif net transmis.

Sur le terrain, les notaires vérifient systématiquement le parcours de domiciliation de chaque héritier sur la dernière décennie. Un oubli dans le décompte des années peut coûter des dizaines de milliers d’euros de droits sur des actifs étrangers non déclarés. Dès qu’un parent s’installe durablement hors de France, il devient indispensable de documenter chaque changement de domicile fiscal, de conserver les avis d’imposition étrangers et de vérifier l’application des conventions bilatérales avant tout retour en France.

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

Adrien
Adrien
Ingénieur financier et titulaire d’une maîtrise en finance de marché, Adrien Jozac suit le secteur de l’épargne à Patrimoine Magazine depuis 1998.

Virement à un enfant : le piège fiscal qui coûte 7 000 euros à toute la fratrie à la succession

Un virement de 30 000 euros à sa fille, non déclaré, a coûté plus de 7 000 euros de redressement à toute la fratrie...

Primogéniture absolue au Liechtenstein : la leçon de transmission que les familles françaises oublient

Le 15 août 2026, la Maison princière du Liechtenstein a changé sa règle de succession vieille de trois siècles. L'aîné des enfants héritera désormais...

Homonymie totale : deux Laurent Béziat nés le même jour, l’héritage de l’un vire sur le compte de l’autre

Deux hommes portent le même nom, le même prénom et sont nés le même jour à Castres. L'héritage de l'un a fini sur le...

Héritage Alain Delon : la clause à 50 % qui protège un enfant sans déshériter les autres

Un testament partageant 50 % à une fille et le reste entre deux fils. Voilà ce qu'aurait organisé Alain Delon, dont la fortune reste...

Assurance-vie après 70 ans en 2026 : ce cadeau fiscal de 152 500 € ne dure qu’un an

En 2026, un titulaire d'assurance-vie âgé de 70 ans peut transmettre de son vivant jusqu'à 152 500 € par bénéficiaire, sans le moindre droit...

Refuser la donation-partage de ses parents : l’erreur qui coûte une partie de l’héritage

Un héritier refuse la donation-partage que ses parents lui proposent. Des années plus tard, à l'ouverture de la succession, il découvre qu'il récupère moins...
Sur le même sujet

Tout sur la pension de réversion

La demande de pension de réversion est envisageable en cas de décès de votre conjoint. En effet, en...

Quelles démarches administratives faire en ligne ?

Avec l'essor du digital, la plupart des démarches administratives sont aujourd'hui réalisables en ligne. Si cette automatisation a...

Interruption injustifiée d’un chantier : que faire ?

Il peut arriver que par un cas de force majeure un chantier en cours soit interrompu. Dans ce...

Aides au logement : les dispositifs mis en place

Avez-vous des ressources modestes ? Si vous payez en plus un loyer pour le logement considéré comme votre...