Generali prolonge son fonds euros boosté à 4,50 % : ce qui change pour les épargnants en 2026

Date:

Patrimoine MagazineEpargneGenerali prolonge son fonds euros boosté à 4,50 % : ce qui...

Partager:

Generali prolonge jusqu’au 31 décembre 2026 ses offres de rendement boosté sur ses fonds euros, initialement prévues pour s’arrêter le 30 juin. L’assureur vise un taux net de 4,50 % sur plusieurs contrats d’assurance-vie et de 4,60 % sur ses PER. Une bonification temporaire qui repose sur un pari : maintenir l’allocation en unités de compte jusqu’en fin d’année.

Generali table sur un taux de base de 3 % en 2026 sur son fonds euros Netissima, auquel s’ajoute une bonification de 1,50 % net de frais de gestion. Sur les PER, la bonification atteint 1,30 %. La mécanique est simple : plus l’épargnant investit en unités de compte au moment du versement, plus le boost s’applique. Mais le seuil d’UC doit rester au-dessus du plancher jusqu’au 31 décembre de l’année concernée. Si l’allocation redescend sous le seuil, la bonification est annulée rétroactivement.

L’offre concerne plusieurs contrats distribués en ligne et par des réseaux de conseil : Altaprofits Vie, BoursoVie, e-PER Generali et Generali Patrimoine. Chacun applique un seuil d’unités de compte différent, entre 30 % et 50 %, et des conditions spécifiques sur les versements éligibles. Selon Capital, la prolongation couvre les rendements 2026 et 2027, avec un effet immédiat sur les versements effectués entre janvier et décembre 2026.

Les contrats Generali concernés et leurs seuils d’unités de compte

Le boost de 1,50 % s’applique sur le fonds euros Netissima, disponible sur les contrats d’assurance-vie Altaprofits Vie, BoursoVie (contrat BoursoVie), Mes Placements Vie et Puissance Sélection. Le seuil d’unités de compte varie selon le contrat. Sur BoursoVie, il est fixé à 30 % minimum. Sur Altaprofits Vie, le seuil reste identique : 30 % d’UC au moment du versement, à maintenir jusqu’au 31 décembre.

Donation anticipée, pourquoi donner de son vivant devient la norme au Canada en 2026

Sur les PER individuels e-PER Generali et Generali Patrimoine, la bonification atteint 1,30 % net, avec un seuil d’UC de 30 %. Les transferts externes depuis d’autres PER sont éligibles. La seule exclusion porte sur les versements issus d’un rachat effectué sur un autre contrat Generali. L’objectif affiché par Altaprofits sur son site : un rendement net de 4,60 % en 2026 et 2027 sur le fonds euros PER, calculé sur la base du taux servi en 2025, soit 3,30 %, auquel s’ajoute la bonification de 1,30 %.

Rendements boostés sur fonds euros Generali en 2026
Contrat Fonds euros Taux de base 2025 Bonification nette Objectif 2026-2027 Seuil UC minimum
BoursoVie Euro Exclusif 3,00 % 1,50 % 4,50 % 30 %
Altaprofits Vie Netissima 3,00 % 1,50 % 4,50 % 30 %
Mes Placements Vie Netissima 3,00 % 1,50 % 4,50 % 30 %
Puissance Sélection Netissima 3,00 % 1,50 % 4,50 % 50 %
e-PER Generali Fonds Euros PER 3,30 % 1,30 % 4,60 % 30 %
Generali Patrimoine (PER) Fonds Euros PER 3,30 % 1,30 % 4,60 % 30 %

Source : Capital · Altaprofits

La mécanique du boost et les conditions de maintien

La bonification ne s’applique qu’aux versements neufs, libres ou transferts externes, effectués entre le 1er janvier et le 31 décembre 2026. Les versements programmés sont exclus sur la plupart des contrats. Une fois le versement effectué, l’épargnant doit maintenir l’allocation en unités de compte au-dessus du seuil fixé jusqu’au 31 décembre de l’année en cours. Si l’allocation redescend sous ce seuil, la bonification est intégralement retirée, y compris sur les mois écoulés.

Concrètement : un épargnant verse 10 000 euros en mars 2026 sur BoursoVie, avec 30 % en UC et 70 % sur le fonds euros Euro Exclusif. Il bénéficie du boost de 1,50 %. En septembre, il effectue un arbitrage et ramène son allocation UC à 25 %. À la clôture de l’année, au 31 décembre, l’allocation UC est inférieure au seuil. Le boost est perdu sur l’intégralité du versement de mars.

Cases 7WI et 7WJ, crédit d’impôt pour seniors et personnes handicapées en 2026

Cette règle s’applique chaque année. Si le versement est effectué en 2026, le seuil doit être respecté au 31 décembre 2026 et au 31 décembre 2027 pour conserver la bonification sur les deux exercices. Selon Capital, tout mouvement de désinvestissement sur le fonds euros entraîne en priorité le retrait de la poche boostée correspondant au versement concerné.

Rendement réel et comparaison avec les autres offres du marché

Le taux de 4,50 % affiché par Generali est un objectif non garanti. Il repose sur le taux de participation aux bénéfices servi par l’assureur en 2025, soit 3 % net de frais de gestion sur Netissima, auquel s’ajoute la bonification de 1,50 % nette. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent sur la totalité du rendement. Un taux brut de 4,50 % net de frais de gestion donne un rendement net de prélèvements sociaux de 3,73 % environ.

En comparaison, Milleis Vie propose un boost de 2,25 % sur son fonds euros, avec un seuil de 30 % d’UC minimum, jusqu’au 30 juin 2026. La Matmut affiche un rendement boosté de 5 % sur certains contrats, avec des conditions différentes. La MIF maintient un taux boosté de 1,05 % jusqu’au 31 juillet 2026. Generali se positionne dans la fourchette haute des offres prolongées au-delà de l’été 2026.

Le rendement moyen des fonds euros en 2025 s’établit autour de 2,5 % à 2,8 % net de frais de gestion, hors bonifications temporaires. Les contrats sans boost affichent des taux compris entre 2 % et 3 % selon les assureurs. Le différentiel de rendement entre un fonds euros classique et un fonds boosté atteint 1,5 à 2 points de pourcentage, mais l’épargnant supporte en contrepartie une exposition en unités de compte de 30 % à 50 %.

Le pari sur les unités de compte et le risque de retournement

Le boost impose une allocation minimum en UC, donc une exposition aux marchés actions, obligataires ou immobiliers selon les supports choisis. Sur les contrats Generali, l’épargnant dispose de plusieurs centaines de supports : OPCVM actions, fonds obligataires, ETF indiciels, SCPI, fonds de private equity. L’allocation doit être maintenue jusqu’au 31 décembre, quelle que soit l’évolution des marchés.

Si les marchés actions corrigent de 10 % entre mars et novembre 2026, l’allocation UC peut mécaniquement descendre sous le seuil, même sans arbitrage. Un épargnant qui investit 30 % en UC en mars voit son allocation UC tomber à 27 % si les marchés baissent de 10 %, alors que le fonds euros reste stable. Il perd alors le boost, sauf à réalimenter l’allocation UC avant le 31 décembre.

Cette mécanique impose un suivi régulier. Les épargnants qui ne vérifient pas leur allocation en cours d’année risquent de perdre la bonification sans s’en apercevoir. Certains contrats proposent des alertes automatiques, mais tous ne le font pas. Sur BoursoVie, l’interface affiche l’allocation en temps réel. Sur Altaprofits Vie, un tableau de bord permet de suivre la répartition UC/fonds euros.

Versements éligibles et exclusions : ce qui compte

Les versements libres effectués entre le 1er janvier et le 31 décembre 2026 sont éligibles au boost, ainsi que les versements à l’adhésion pour les nouveaux contrats. Les transferts externes depuis un autre contrat d’assurance-vie ou PER sont également éligibles, à condition qu’ils ne proviennent pas d’un rachat effectué sur un contrat Generali. Cette exclusion vise à éviter les allers-retours entre contrats du même assureur.

Les versements programmés sont exclus sur la plupart des contrats. Sur Altaprofits Vie, seuls les versements libres ponctuels bénéficient du boost. Sur BoursoVie, la règle est identique. Les versements supérieurs à 500 000 euros ne sont pas éligibles à la bonification. Cette limite s’applique par versement, pas par contrat : un épargnant qui verse 400 000 euros en mars puis 300 000 euros en septembre ne bénéficie du boost que sur le premier versement.

Les arbitrages internes ne sont pas concernés par le boost. Seuls les flux entrants (versements neufs ou transferts) déclenchent la bonification. Un épargnant qui arbitre une partie de son encours existant du fonds euros vers les UC ne bénéficie d’aucune bonification sur cette opération.

PER individuel et transfert externe : une option pour les anciens contrats

Le boost sur les PER Generali s’applique également aux transferts externes. Un épargnant qui détient un ancien PER individuel ou Perp avec un fonds euros à 2 % peut transférer son encours vers l’e-PER Generali et bénéficier du boost de 1,30 %, soit un objectif de rendement de 4,60 % en 2026 et 2027. Le transfert externe est gratuit et n’entraîne aucune fiscalité immédiate.

Cette option peut intéresser les épargnants qui détiennent un ancien Perp chez Axa, Allianz ou Crédit Agricole, avec des fonds euros à rendement faible. Le transfert se fait en pleine propriété : l’encours transféré est réinvesti selon la nouvelle allocation définie par l’épargnant. Le seuil de 30 % d’UC doit être respecté dès le transfert, puis maintenu jusqu’au 31 décembre 2026.

Les transferts depuis un PER d’entreprise collectif (Perco, Percol) ne sont possibles que sous conditions : départ de l’entreprise, liquidation judiciaire, retraite. Les transferts depuis un autre contrat Generali sont exclus de la bonification. Cette règle vise à limiter les arbitrages internes entre contrats du groupe.

Objectif de rendement non garanti et engagement de l’assureur

Le taux de 4,50 % ou 4,60 % affiché est un objectif, pas une garantie contractuelle. Generali s’engage sur une bonification de 1,50 % ou 1,30 % nette, qui s’ajoute au taux de participation aux bénéfices servi en 2026 et 2027. Mais le taux de base peut varier selon l’évolution des marchés obligataires, l’allocation d’actifs du fonds euros et la politique de provisionnement de l’assureur.

Si le taux de base servi par Generali en 2026 descend à 2,5 %, le rendement total avec la bonification atteint 4 % net de frais de gestion, pas 4,50 %. À l’inverse, si le taux de base remonte à 3,20 %, le rendement total atteint 4,70 %. L’objectif de 4,50 % repose sur l’hypothèse d’un taux de base à 3 %, proche du taux servi en 2025.

La bonification est inscrite dans les conditions générales du contrat, mais elle reste soumise à la règle du maintien de l’allocation UC jusqu’au 31 décembre. L’assureur peut annuler la bonification si le seuil n’est pas respecté, sans autre motif. Cette clause figure dans la notice d’information de chaque contrat. Les épargnants doivent vérifier la formulation exacte avant de souscrire.

L’essentiel

    • Generali prolonge jusqu’au 31 décembre 2026 ses offres de boost sur fonds euros : 1,50 % net sur assurance-vie, 1,30 % sur PER.
    • Le seuil d’unités de compte varie entre 30 % et 50 % selon les contrats. Il doit être maintenu jusqu’au 31 décembre 2026 et 2027 sous peine de perte rétroactive de la bonification.
    • Les versements libres et transferts externes entre janvier et décembre 2026 sont éligibles. Les versements programmés et les arbitrages internes sont exclus.
    • L’objectif de rendement de 4,50 % ou 4,60 % n’est pas garanti : il dépend du taux de base servi par l’assureur en 2026 et 2027.
    • Le boost impose une exposition en UC, donc un risque de marché. Une baisse de 10 % des marchés peut mécaniquement faire descendre l’allocation sous le seuil et annuler la bonification.

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

Arnaud
Arnaud
En charge de la rubrique Finance depuis 2019 au sein de la rédaction de Patrimoine Magazine, Arnaud suit notamment les thématiques liées au capital investissement.

Fonds euros 2025 : les 2,65% qui changent la donne face au Livret A

Les fonds en euros des contrats d'assurance-vie ont délivré un rendement moyen de 2,65% en 2025, surclassant le Livret A et marquant le retour...

Fonds euros 2026 : les rendements qui résistent malgré la baisse des taux

Les fonds euros, longtemps enterrés par les experts, affichent une résistance inattendue en 2026. Alors que la Banque centrale européenne poursuit sa baisse de...

Fonds euros 2026 : les taux réels après inflation qui changent la donne pour l’épargnant

Les fonds euros affichent leur meilleur taux depuis 2012, mais le rendement réel raconte une autre histoire que celle de votre conseiller bancaire. Depuis janvier...

Fonds euros 2026 : le rebond inattendu qui change la donne pour les épargnants prudents

Les fonds en euros d'assurance vie, longtemps décriés pour leurs rendements anémiques, affichent un regain d'attractivité en 2026 grâce à la remontée des taux...

Inflation, tensions géopolitiques : comment sécuriser son épargne face aux incertitudes de 2026 ?

En 2026, la conjoncture économique mondiale intrigue les épargnants français. La hausse soudaine de l’inflation, alimentée par de nouvelles tensions géopolitiques au Moyen-Orient et une remontée...

Fonds euros 2026, pourquoi 2,15 % et 4,50 % sur un même assureur selon l’ACPR

Le régulateur bancaire révèle un écart de rendement de 2,35 points entre les meilleurs et les moins bons fonds euros d'une même compagnie en...
Sur le même sujet

Groupe Casino (Jean-Charles Naouri) : des résultats au-delà des attentes du marché au premier trimestre 2022

Avec un chiffre d’affaires de 7,5 milliards d’euros, correspondant à une hausse de 4,7% par rapport au 1er...

Pourquoi investir dans un groupement viticole ?

Il existe aujourd’hui divers placements immobiliers possibles. Investir est une valeur sûre, tant que vous le faites là...

Août 2022 : Le taux d’intérêt du livret A passe à 2%

Comme deux fois par an, le taux du livret A vient d’être révisé. Avant de parler en détail...

Gestion du patrimoine : les meilleurs types d’investissement

La meilleure manière de fructifier votre patrimoine est certainement d'investir. Seulement, vous devez pouvoir identifier les meilleurs types...