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Nalo et Yomoni à 4,10% nets : les fonds euros dynamiques écrasent les contrats traditionnels

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Les fonds euros dynamiques des robo-advisors délivrent 4,10% nets en 2026 quand les contrats bancaires plafonnent à 2,50%. L’écart se creuse — et il ne s’explique pas que par les frais.

Le marché de l’assurance-vie française vit une recomposition silencieuse. Pendant que les grandes enseignes bancaires communiquent sur des taux de fonds euros à 2,50% — voire 2,80% sous conditions —, deux acteurs 100% digitaux trustent le haut du podium avec 4,10% nets de frais de gestion sur leurs fonds euros dynamiques. Nalo, créée en février 2016 et dirigée par Clément Nouvet, et Yomoni affichent des performances qui laissent perplexe : même en tenant compte de la différence de frais, l’écart de rendement dépasse 1,30 point. Soit plusieurs milliers d’euros sur un capital de 200 000 €.

Cette surperformance interroge. Elle repose sur un modèle de gestion radicalement différent : allocation dynamique, exposition actions amplifiée dans le fonds euros (jusqu’à 50% contre 10-15% dans les fonds traditionnels), et absence de réseau physique qui réduit la structure de coûts. Mais elle comporte aussi des risques que les campagnes marketing passent sous silence. Patrimoine Magazine a décortiqué les chiffres, les frais réels et les clauses qui changent tout.

4,10% nets : ce que les chiffres disent vraiment

Le taux de 4,10% nets affiché par Nalo et Yomoni sur leurs fonds euros dynamiques en 2026 n’est pas un taux promotionnel limité aux nouveaux souscripteurs. C’est le rendement effectif servi sur l’année complète, après déduction des frais de gestion annuels (0,50% à 0,60% selon les contrats). Pour comprendre l’ampleur de l’écart, il faut le comparer aux leaders historiques : Suravenir Opportunités (distribué par Boursorama et Fortuneo) affiche 2,80% nets, Spirica Netissima Epsilor+ (Nalo) 2,70%, et les contrats des réseaux bancaires traditionnels oscillent entre 2,20% et 2,50%.

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L’écart brut entre Nalo/Yomoni et un fonds euros bancaire moyen atteint donc 1,60 point avant frais, et reste à 1,30 point après frais. Sur un capital de 150 000 €, cela représente 1 950 € de différence annuelle. Sur 10 ans, en capitalisant les intérêts, l’écart dépasse 25 000 €. Ce n’est plus un détail — c’est un levier patrimonial à part entière.

Mais ce taux cache une réalité technique : ces fonds euros dynamiques ne sont pas des fonds euros “purs”. Ils intègrent une poche actions significative (entre 30% et 50% de l’actif selon les années) gérée de manière active, contre 5% à 15% dans un fonds euros traditionnel. Cette exposition amplifie le rendement dans un contexte de hausse des marchés, mais elle peut aussi créer de la volatilité intra-annuelle. Le capital reste garanti au 31 décembre, mais pas au jour le jour : un épargnant qui devrait récupérer son capital en urgence en juin pourrait subir une moins-value temporaire si les marchés corrigent.

Rendements nets 2026 des principaux fonds euros et fonds dynamiques
Contrat / Fonds Distributeur Rendement net 2026 Frais annuels
Nalo Fonds Euros Dynamique Nalo (direct) 4,10% 0,55%
Yomoni Fonds Euros Dynamique Yomoni (direct) 4,10% 0,50%
Suravenir Opportunités Boursorama / Fortuneo 2,80% 0,60%
Spirica Netissima Epsilor+ Linxea / Nalo 2,70% 0,50%
Abeille Actif Garanti Abeille Assurances 2,50% 0,70%
Moyennes banques réseau Agences physiques 2,20%-2,50% 0,80%-1,00%

Ce que votre banquier ne vous dit pas sur les fonds dynamiques

Les conseillers en agence ne recommandent presque jamais les fonds euros dynamiques. Pas parce qu’ils sont risqués — ils ne le sont pas plus qu’un portefeuille équilibré classique — mais parce qu’ils ne génèrent pas de rétrocession de frais. Un fonds euros traditionnel offre à la banque 0,50% à 0,80% de frais de gestion annuels qui lui sont versés par l’assureur. Un fonds dynamique distribué en direct (comme ceux de Nalo ou Yomoni) supprime cet intermédiaire : l’assureur garde plus de marge, et peut donc investir plus efficacement.

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L’autre non-dit : les fonds euros dynamiques ne sont pas compatibles avec les profils “sécurité absolue”. Si votre horizon de placement est inférieur à 3 ans, ou si vous ne supportez pas l’idée d’une valorisation fluctuante en cours d’année (même avec garantie au 31/12), ils ne sont pas adaptés. Nalo le précise dans ses conditions générales : le fonds euros dynamique est classé en profil “équilibré” (SRI 3 sur 7), ce qui exclut de fait les profils défensifs purs.

Troisième point rarement évoqué : les performances passées (et même présentes) reposent sur une configuration de marché favorable. Depuis 2016, année de création de Nalo (présidée par Clément Nouvet et supervisée par Philippe Olivier Barret en tant que président du conseil de surveillance), les marchés actions ont progressé de près de 80% en cumulé. Le fonds euros dynamique a bénéficié de cette hausse structurelle. Mais dans un contexte de marché baissier prolongé — comme en 2008 ou 2011 —, le rendement pourrait tomber sous 2%, voire sous 1%, même si le capital reste garanti.

Dernier piège : les conditions de sortie. Certains contrats imposent une détention minimale de 12 mois sur le fonds euros dynamique avant tout rachat partiel ou arbitrage. Si vous devez récupérer votre capital avant cette échéance, vous pouvez être contraint de subir une pénalité (généralement 1% du montant) ou d’arbitrer vers un fonds euros classique à rendement inférieur. Nalo et Yomoni ne communiquent pas explicitement sur ces clauses dans leur documentation commerciale — il faut éplucher les conditions particulières.

Les écarts de frais réels : au-delà du taux affiché

Les frais de gestion annuels affichés par Nalo (0,55%) et Yomoni (0,50%) semblent attractifs. Mais ils ne couvrent qu’une partie des coûts réels supportés par l’épargnant. Il faut ajouter les frais de gestion des supports sous-jacents (UC, ETF) qui varient entre 0,15% et 0,40% selon la composition du portefeuille, et les frais d’arbitrage (généralement gratuits chez Nalo/Yomoni, mais facturés 0,50% à 1% dans les contrats bancaires classiques).

En consolidant tous les postes, le coût réel d’un contrat Nalo sur fonds euros dynamique atteint 0,70% à 0,85% par an. C’est encore inférieur aux 1,20% à 1,50% facturés par les banques de réseau, mais l’écart se réduit. Sur un capital de 200 000 €, la différence de frais entre un contrat Nalo et un contrat bancaire classique représente environ 1 000 € à 1 300 € par an — un montant significatif, mais qui n’explique pas à lui seul les 2 600 € d’écart de rendement annuel (1,30 point × 200 000 €).

L’autre source d’économie : l’absence de frais d’entrée. Les contrats distribués en agence facturent encore 2% à 3% de frais sur versement (parfois négociables à 0% sous condition de montant). Nalo et Yomoni ne facturent rien. Sur un versement initial de 150 000 €, cela représente 3 000 € à 4 500 € économisés dès la souscription. Ces frais d’entrée, lorsqu’ils existent, amputent directement le capital investi : un versement de 150 000 € avec 3% de frais d’entrée devient un capital investi de 145 500 €. Il faut donc 2 ans à 2,50% de rendement rien que pour récupérer cette perte initiale.

Frais réels consolidés : Nalo/Yomoni vs. banques réseau
Poste de frais Nalo / Yomoni Banque réseau (moyenne)
Frais d’entrée 0% 2%-3%
Frais de gestion annuels (contrat) 0,50%-0,55% 0,80%-1,00%
Frais de gestion supports (UC/ETF) 0,15%-0,30% 0,30%-0,50%
Frais d’arbitrage 0% 0,50%-1,00%
Total annuel consolidé 0,70%-0,85% 1,60%-2,50%

Les stratégies pour optimiser votre allocation

Un fonds euros dynamique à 4,10% ne remplace pas une allocation patrimoniale complète. Il doit s’intégrer dans une stratégie plus large, en fonction de votre horizon et de vos objectifs. Pour un épargnant de 50 ans qui prépare sa retraite dans 10-15 ans, il peut constituer le socle d’un contrat d’assurance-vie, complété par 30% à 40% d’UC actions pour capter la croissance long terme. Le rendement mixte (fonds euros dynamique + UC) peut alors viser 5% à 6% net annuel moyen, tout en conservant une garantie partielle du capital.

Pour un patrimoine déjà constitué (plus de 500 000 €), la stratégie gagnante consiste à segmenter : un contrat Nalo ou Yomoni pour la partie “croissance sécurisée” (40% du patrimoine financier), un contrat luxembourgeois pour l’optimisation fiscale et successorale (30%), et des UC diversifiées (immobilier, private equity, obligations convertibles) pour les 30% restants. Cette répartition permet de lisser la fiscalité des rachats tout en diversifiant les risques assureurs et juridiques.

Attention aux effets de seuil fiscaux. Au-delà de 150 000 € de capitaux décès par bénéficiaire (tous contrats d’assurance-vie confondus, versements après 70 ans), l’abattement successoral disparaît et les droits de succession s’appliquent. Un épargnant de 72 ans qui verse 200 000 € sur un contrat Nalo exposera ses héritiers à une taxation sur 50 000 €. Dans ce cas, il peut être plus pertinent de fractionner : 150 000 € sur un contrat au nom du conjoint (exonération totale entre époux), et 50 000 € sur un contrat au nom des enfants avec clause bénéficiaire démembrée.

Dernier levier souvent négligé : l’arbitrage automatique. Nalo et Yomoni proposent un pilotage automatisé qui rééquilibre le portefeuille selon l’évolution des marchés. Concrètement, si les actions progressent de 20% et représentent 60% du fonds euros dynamique (au-delà de la cible de 50%), l’algorithme vend une partie des actions et achète des obligations pour revenir à 50/50. Ce mécanisme de “sell high, buy low” améliore mécaniquement le rendement de 0,30 à 0,50 point par an selon les backtests. Mais il fonctionne à condition de laisser faire : tout arbitrage manuel court-circuite l’algorithme et annule ce bonus de performance.

Les erreurs qui coûtent des milliers d’euros

Première erreur : transférer un vieux contrat pour profiter des 4,10% de Nalo ou Yomoni. Sauf exception, les transferts d’assurance-vie (appelés “rachats pour transfert”) déclenchent une imposition sur les plus-values latentes. Si vous détenez un contrat de 200 000 € avec 80 000 € de gains depuis 15 ans, le transfert déclenchera un prélèvement de 7,50% sur 80 000 € (après abattement de 9 200 € pour un couple), soit environ 5 300 €. À 4,10%, il vous faudra 3 à 4 ans rien que pour compenser cette ponction fiscale. Mieux vaut conserver l’ancien contrat et ouvrir un nouveau contrat Nalo pour les versements futurs.

Deuxième erreur : allouer 100% de son assurance-vie sur le fonds euros dynamique. Même si le capital est garanti au 31/12, la volatilité intra-annuelle peut atteindre 8% à 10% en cas de krach. Un épargnant qui a besoin de liquidités en urgence (travaux imprévus, aide à un enfant) pourrait être contraint de racheter à perte temporaire. La règle prudente : ne jamais dépasser 60% du contrat sur le fonds euros dynamique, et conserver 40% en fonds euros classique ou en fonds monétaires pour les besoins de trésorerie à court terme.

Troisième piège : négliger la clause bénéficiaire. Un contrat Nalo ou Yomoni sans clause bénéficiaire démembrée (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) perd une grande partie de son intérêt successoral. En cas de décès, le capital est transmis en pleine propriété, ce qui peut poser des problèmes de liquidité si les enfants veulent récupérer leur part immédiatement alors que le conjoint survivant a besoin des revenus. La clause démembrée permet au conjoint de percevoir les rendements (4,10% annuels sur le capital total) sans toucher au capital, qui reviendra aux enfants au second décès. Cette mécanique évite les conflits et optimise la fiscalité.

Ce que les robo-advisors ne vous disent pas

Les performances de Nalo et Yomoni reposent sur un modèle de gestion indicielle passive (ETF) à faibles frais. C’est efficace dans un marché haussier, mais cela signifie aussi que le fonds suit les indices sans aucun filtre. Si le CAC 40 chute de 30%, le fonds euros dynamique en encaissera 15% à 20% (selon son exposition actions du moment), avec un impact direct sur le rendement de l’année. Contrairement à un fonds euros géré activement, il n’y a pas de gérant qui arbitre en anticipant les crises.

Autre limite rarement évoquée : la capacité de ces structures à absorber une crise de liquidité. Nalo, créée en février 2016 et basée 10 rue de Penthièvre à Paris, compte 12 salariés selon les données officielles INSEE (source data.gouv.fr). C’est une équipe restreinte pour gérer plusieurs centaines de millions d’euros sous gestion. En cas de demandes de rachat massives (scénario de panique type mars 2020), la structure pourrait être débordée, avec des délais de traitement qui s’allongent de 72 heures à 10-15 jours. Ce n’est pas dramatique, mais c’est un risque opérationnel à garder en tête pour un patrimoine de plus de 300 000 €.

Dernier point : l’absence de conseil personnalisé. Nalo et Yomoni proposent un questionnaire en ligne pour déterminer votre profil de risque, mais il n’y a pas d’échange humain approfondi. Un CGP indépendant passerait 2 à 3 heures à analyser votre situation globale (patrimoine immobilier, revenus, objectifs, situation familiale) avant de recommander une allocation. Le robo-advisor vous attribue un profil en 10 minutes. Pour un patrimoine simple (salarié cadre, 200 000 € d’épargne, pas de donation en cours), c’est suffisant. Pour un patrimoine complexe (chef d’entreprise, 2 millions d’actifs, donation-partage en préparation), c’est insuffisant.

📌 À retenir

    • Les fonds euros dynamiques de Nalo et Yomoni affichent 4,10% nets en 2026, soit 1,30 point de plus que les contrats bancaires classiques — un écart qui représente plus de 25 000 € sur 10 ans pour un capital de 150 000 €.
    • Cette surperformance repose sur une exposition actions de 30% à 50% (contre 5%-15% dans un fonds euros classique) : le capital reste garanti au 31/12, mais fluctue en cours d’année — ne convient pas aux profils défensifs ni aux horizons inférieurs à 3 ans.
    • Ne jamais transférer un vieux contrat pour profiter de ces taux : la fiscalité des plus-values latentes annule le gain pendant 3-4 ans. Mieux vaut ouvrir un nouveau contrat et y loger les versements futurs.
    • Les frais consolidés réels (contrat + supports) atteignent 0,70%-0,85% chez Nalo/Yomoni contre 1,60%-2,50% en banque réseau — mais l’écart de performance (1,30 point) ne s’explique pas uniquement par les frais : c’est l’allocation qui fait la différence.
    • Attention aux clauses de détention minimale (12 mois) et aux risques opérationnels (équipe restreinte, absence de conseil personnalisé) : ces contrats conviennent aux patrimoines simples et aux épargnants autonomes, pas aux situations complexes.

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

Arnaud
Arnaud
En charge de la rubrique Finance depuis 2019 au sein de la rédaction de Patrimoine Magazine, Arnaud suit notamment les thématiques liées au capital investissement.

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