Le gouvernement autorise le déblocage anticipé de l’épargne salariale en 2026. L’opération devrait rapporter 300 millions d’euros à l’État via l’impôt sur le revenu — mais coûter bien plus cher aux 12 millions de détenteurs de PEE et PERCO.
C’est devenu un réflexe de gestion budgétaire : chaque fois que les finances publiques se tendent, Bercy ouvre les vannes de l’épargne salariale. Après 2020 et 2022, le gouvernement autorise à nouveau en 2026 le déblocage anticipé des Plans d’Épargne Entreprise (PEE) et PERCO, normalement bloqués 5 ans. Objectif affiché : soutenir le pouvoir d’achat. Objectif réel : encaisser les impôts sur les plus-values dégagées.
Une mesure qui rapporte surtout à l’État
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les estimations du ministère de l’Économie, cette mesure devrait générer 300 millions d’euros de recettes fiscales en 2026. Comment ? En incitant les épargnants à liquider leurs placements, l’État encaisse immédiatement l’impôt sur le revenu sur les plus-values réalisées — entre 0 et 45% selon la tranche marginale, auxquels s’ajoutent 17,2% de prélèvements sociaux.
Pour les épargnants, l’opération est rarement intéressante. Un déblocage anticipé signifie renoncer à la principale carotte fiscale de l’épargne salariale : l’exonération totale d’impôt sur le revenu après 5 ans de détention (seuls les prélèvements sociaux restent dus). Un salarié qui débloque 10 000 euros avec 3 000 euros de plus-value après 3 ans de détention paiera entre 520 et 1 866 euros d’impôt selon sa tranche — une facture qui n’existerait pas s’il patientait 2 ans de plus.
Ce que vous devez faire
Résistez à la tentation. Sauf urgence absolue (perte d’emploi, accident de la vie), le déblocage anticipé est une mauvaise affaire. La règle est simple : plus vous êtes imposé, plus l’opération vous coûte cher. Un contribuable dans la tranche à 30% qui débloque aujourd’hui abandonne définitivement 30% de ses gains potentiels au fisc. Si votre PEE arrive à échéance dans moins de 18 mois, ne touchez à rien.
Et si vous avez réellement besoin de liquidités ? Vérifiez d’abord les motifs de déblocage anticipé déjà autorisés par la loi : achat de la résidence principale, création d’entreprise, surendettement, invalidité. Ces cas permettent un déblocage sans perdre l’avantage fiscal. Votre service RH ou votre gestionnaire de PEE (Amundi, Natixis, etc.) peut vous confirmer votre éligibilité.
📊 Chiffres clés
- Recettes fiscales attendues : 300 millions d’euros pour l’État
- Épargnants concernés : 12 millions de détenteurs de PEE/PERCO
- Fiscalité normale après 5 ans : 0% d’impôt sur le revenu + 17,2% de prélèvements sociaux
- Fiscalité en cas de déblocage anticipé : 0 à 45% d’IR + 17,2% de PS
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Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.

