Generali lance Vertessima, un fonds euros sans énergies fossiles avec un rendement minimum garanti de 3% net de frais de gestion pour 2026 et 2027. Un chiffre qui séduit dans un marché où les fonds euros classiques peinent à dépasser 2,9%. Mais derrière la promesse verte et l’offre commerciale à durée limitée, la question du placement mérite un examen plus froid.
Le fonds euros traverse une décennie compliquée. Les rendements moyens servis par les assureurs stagnent autour de 2,9% attendus pour 2026, à peine au-dessus du Livret A après sa révision du 1er août. Dans ce contexte, un contrat qui garantit 3% net de frais de gestion sur deux exercices attire forcément l’attention. C’est précisément le pari de Generali avec Vertessima, distribué en priorité par les plateformes Goodvest et Green-Got.
Ce lancement combine deux tendances de fond. D’un côté, la course au rendement bonifié pour capter la collecte d’assurance-vie. De l’autre, la finance dite durable, avec l’exclusion des projets pétroliers, gaziers et charbonniers. L’assemblage est habile sur le plan marketing. Il reste à savoir ce qu’il vaut réellement pour un épargnant qui raisonne rendement, risque et liquidité, et non par conviction militante.
Ce que garantit vraiment Vertessima
Vertessima est d’abord un fonds en euros classique dans sa mécanique. Il garantit le capital investi hors frais de gestion, et sa rémunération est fixée chaque année par l’assureur Generali Vie. Rien d’exotique sur ce point : la protection du capital reste la caractéristique fondamentale de ce type de support, par opposition aux unités de compte qui exposent au risque de marché.
La particularité tient à la politique d’investissement. Generali exclut les entreprises développant de nouveaux projets liés au pétrole, au gaz ou au charbon, ainsi que les émetteurs ne répondant pas à ses critères environnementaux et sociaux. Le portefeuille reste toutefois diversifié : obligations, actions et autres fonds. Chez Goodvest, les souscripteurs bénéficient d’un rapport annuel au format SFDR Article 8, avec méthodologie, exemples d’entreprises financées et répartition sectorielle et géographique.
Le cœur de l’argument commercial, c’est le taux. Les sommes investies entre le 15 juillet et le 31 décembre 2026 bénéficient d’un taux de participation aux bénéfices d’au moins 3% net de frais de gestion, au titre des exercices 2026 et 2027, hors prélèvements sociaux et fiscaux. L’engagement s’applique au prorata de la durée de détention du fonds sur chaque année civile. Concrètement, un versement effectué en octobre 2026 ne touchera ce taux que sur la fraction de l’année écoulée.
Ce niveau dépasse la moyenne servie par les fonds euros ces dernières années. Mais l’engagement s’arrête net après 2027. Les performances distribuées ensuite dépendront des résultats financiers du fonds et des décisions de l’assureur. Autrement dit, la garantie est un produit d’appel calibré sur deux ans, pas une rente pérenne.
Flat taxe 2026 et assurance vie : ce qui change pour l’épargne des Français
| Indicateur | Vertessima (offre 2026-2027) | Fonds euros moyen 2026 |
|---|---|---|
| Rendement | 3% net de frais de gestion garanti | 2,9% attendu (moyenne) |
| Garantie du capital | Oui, hors frais de gestion | Oui, hors frais de gestion |
| Durée de l’engagement | 2026 et 2027 uniquement | Fixé chaque année |
| Filtre extra-financier | Exclusion énergies fossiles, SFDR Art. 8 | Variable selon l’assureur |
| Fenêtre de souscription | 15/07/2026 au 31/12/2026 | Permanente |
Source : MoneyVox · MoneyVox / Goodvest
Le vrai calcul : 3% brut ne signifie pas 3% dans votre poche
L’écart de 0,1 point entre les 3% de Vertessima et les 2,9% attendus en moyenne n’a rien de spectaculaire. Ce qui compte, c’est ce qui reste après prélèvements. Le taux annoncé est net de frais de gestion, mais hors prélèvements sociaux et hors fiscalité. Les prélèvements sociaux amputent chaque année la performance d’un fonds euros, quel que soit le contrat.
Un rendement de 3% brut de prélèvements sociaux se traduit donc par un rendement net social nettement plus bas. Sur un placement de 20 000 euros, la différence entre 3% et 2,9% représente une vingtaine d’euros bruts sur l’année. C’est marginal. Le véritable levier n’est pas le taux affiché mais la structure de frais du contrat et l’absence de frais sur versement, que Goodvest et Green-Got mettent en avant.
Le mécanisme de prorata temporis mérite aussi attention. Un épargnant qui verse tardivement dans l’année 2026 ne captera qu’une fraction du taux bonifié sur cet exercice. Pour maximiser l’effet de l’offre, l’entrée précoce dans la fenêtre du 15 juillet au 31 décembre 2026 est déterminante. Verser en décembre revient à laisser une partie du bénéfice sur la table.
Raisonnons diversification. Un fonds euros, même à 3%, ne doit pas constituer l’intégralité d’un contrat d’assurance-vie orienté performance. Il joue le rôle de poche sécurisée. Comparé au potentiel de rendement d’unités de compte diversifiées ou de SCPI logées en assurance-vie, 3% garanti sécurise mais plafonne. Le couple rendement-risque de Vertessima le positionne clairement du côté défensif du portefeuille.
Enjeux patrimoniaux du fonds euros durable
L’angle durable : substance ou argument de vente
L’exclusion des énergies fossiles est le marqueur central de Vertessima. Generali s’appuie sur son expertise obligataire, avec plus de 405 milliards d’euros d’actifs obligataires en euro gérés au niveau du groupe selon Generali Investments. Cette taille de gestion donne une crédibilité technique à la construction d’un portefeuille obligataire vert et diversifié géographiquement.
Le label SFDR Article 8 mérite d’être compris. Il ne s’agit pas du niveau d’exigence maximal, réservé aux fonds Article 9 à objectif d’impact. L’Article 8 désigne un produit qui promeut des caractéristiques environnementales ou sociales, sans en faire son unique objectif d’investissement. Pour un épargnant, cela signifie un filtre extra-financier réel mais mesuré, adossé à une gestion qui vise d’abord la performance et la sécurité du capital.
Le rapport annuel proposé par Goodvest apporte une transparence bienvenue sur la répartition sectorielle et les entreprises financées. C’est un point différenciant face aux fonds euros classiques dont on ignore souvent le détail des sous-jacents. Pour qui veut aligner épargne sécurisée et exclusion des hydrocarbures, l’offre coche les cases sans sacrifier apparemment le rendement.
Reste une nuance analytique. Un fonds euros durable n’échappe pas aux contraintes de tout fonds euros : rendement contraint par les taux obligataires, garantie du capital qui limite la prise de risque, donc le potentiel de surperformance. L’étiquette verte ne modifie pas cette équation de fond. Elle oriente l’allocation, pas la mécanique de rémunération.
Où souscrire et à quelles conditions
Vertessima est distribué dans un premier temps par Goodvest et Green-Got, deux plateformes d’investissement responsable, avant d’être progressivement proposé par les autres réseaux partenaires de Generali. Cette distribution ciblée s’explique : le fonds vise d’abord la clientèle sensible à l’exclusion des fossiles, qui constitue le cœur de cible de ces courtiers.
Generali, dont l’entité française est enregistrée au 26 rue des Rigoles à Paris et active depuis janvier 2009 selon l’Annuaire des entreprises, est l’un des plus grands groupes d’assurance en Europe. Le partenariat avec des acteurs comme Goodvest illustre une stratégie d’élargissement de l’accès aux fonds euros durables via des plateformes digitales. Pour l’épargnant, cela signifie souvent des frais réduits et une souscription en ligne.
L’offre commerciale est bornée dans le temps. Seuls les dossiers reçus complets chez Generali Vie entre le 15 juillet et le 31 décembre 2026 inclus donnent droit au taux bonifié. Les versements libres et libres programmés effectués sur cette période sont éligibles. Passé cette échéance, le taux garanti ne s’applique plus aux nouveaux versements.
Ce même segment de marché voit d’autres offres concurrentes. Placement-direct.fr a par exemple lancé un contrat patrimonial donnant accès à des SCPI de nouvelle génération sans frais d’entrée et à une dizaine d’ETF. La comparaison entre un fonds euros durable garanti à 3% et un contrat orienté SCPI ne se joue pas sur le même terrain de risque : l’un sécurise, l’autre vise un rendement supérieur au prix d’une volatilité et d’une liquidité moindres.
Les erreurs à éviter avec un fonds euros bonifié
La première erreur consiste à confondre taux d’appel et rendement durable. Les 3% garantis couvrent 2026 et 2027, point final. Rien n’indique le niveau qui sera servi ensuite. Bâtir une stratégie patrimoniale de long terme sur un taux valable deux ans revient à ignorer le principal risque : la normalisation du rendement après la période promotionnelle.
Deuxième piège : négliger le prorata temporis. Verser tardivement dans la fenêtre de souscription dilue mécaniquement le bénéfice de l’offre sur l’exercice 2026. L’épargnant qui découvre le fonds en novembre 2026 doit intégrer que la bonification ne portera que sur les semaines restantes de l’année.
Troisième erreur, plus stratégique : sur-pondérer le fonds euros dans un contrat au détriment de la diversification. À 3% net de frais de gestion mais avant prélèvements sociaux, la sécurité a un coût d’opportunité. Sur un horizon long, une allocation 100% fonds euros limite le potentiel de croissance du capital face à des supports plus dynamiques, SCPI ou unités de compte diversifiées.
Notre analyse d’analyste, sans complaisance
Vertessima est un bon produit d’appel, pas une révolution. Le différentiel de rendement face à la moyenne des fonds euros 2026 est faible en valeur absolue. Ce qui fait la pertinence de l’offre, c’est la combinaison d’un capital garanti, d’un filtre durable transparent et de frais réduits sur des plateformes digitales. Pour la poche sécurisée d’un contrat, l’équation tient.
Ce que la communication met moins en avant : la borne temporelle de la garantie et l’impact des prélèvements sociaux qui ramènent le rendement réel sous les 3% affichés. L’épargnant averti raisonne net-net, pas sur le taux marketing. Le mécanisme de prorata et la fenêtre de souscription fermée fin 2026 imposent d’agir tôt pour capter l’intégralité du bénéfice.
La vraie décision n’est pas Vertessima ou rien. Elle porte sur l’allocation globale. Un fonds euros durable à 3% garanti sécurise une partie du patrimoine sans renoncer à ses convictions climatiques. Mais il ne remplace ni une poche de SCPI pour le rendement immobilier, ni des unités de compte diversifiées pour la croissance long terme. La sécurité se paie toujours en potentiel abandonné. À chacun de calibrer le curseur selon son horizon et sa tolérance au risque.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.
Fonds euros Vertessima : l'essentiel à retenir
- Vertessima garantit 3% net de frais de gestion en 2026 et 2027, hors prélèvements sociaux
- Fonds euros durable Generali excluant les projets pétrole, gaz et charbon
- Capital garanti hors frais de gestion, classé SFDR Article 8
- Offre réservée aux versements entre le 15 juillet et le 31 décembre 2026
- Distribué d'abord par Goodvest et Green-Got, taux appliqué au prorata temporis
- Rendement moyen des fonds euros 2026 attendu autour de 2,9%
