Le Livret A vient de chuter à 1,5 % en février 2026. Dans le même temps, plusieurs fonds euros annoncent des rendements compris entre 2,5 % et 4,5 %. L’écart entre ces deux placements n’a jamais été aussi marqué.
Un épargnant qui place 22 950 euros sur un Livret A au plafond récolte désormais 344 euros d’intérêts annuels. Avec un fonds euros à 3,5 %, ce même capital génère 803 euros. La différence représente 459 euros par an, soit plus du double. Cette réalité chiffrée transforme les arbitrages patrimoniaux de millions de Français.
L’assurance-vie en fonds euros combine garantie du capital et rendement supérieur. Aucun plafond de versement, fiscalité avantageuse après huit ans, liberté de retrait : les atouts techniques s’accumulent face à un Livret A dont le taux réel, après inflation estimée à 1 % en 2026 selon l’INSEE, tombe à 0,4 %. Le rendement réel du fonds euros, lui, oscille entre 1,5 % et 3,5 % selon les contrats.
Les rendements 2025 des fonds euros : une dynamique confirmée pour 2026
Plusieurs assureurs ont dévoilé leurs taux pour l’exercice 2025, signalant une tendance qui se confirme en 2026. La MACSF affiche 3,15 %, la Maif 3,05 %, Ampli mutuelle 3,75 %, la Macif 2,70 %, Aréas 2,50 %. Ces chiffres, stables ou en légère hausse par rapport à 2024, traduisent une politique de redistribution agressive des réserves par les assureurs. Cyrille Chartier-Kastler, président du cabinet Facts & Figures, anticipe que les acteurs suivants s’inscriront dans cette même tendance.
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La collecte nette sur l’assurance-vie a dépassé 50 milliards d’euros en 2025, selon Philippe Crevel. Ce flux massif s’explique par la chute du Livret A à 2,5 % en août 2025, puis à 1,5 % en février 2026. Les épargnants ont arbitré leurs liquidités vers des supports mieux rémunérés. Les fonds euros, investis en partie dans les obligations d’entreprises et d’État, bénéficient d’un environnement de taux qui reste favorable malgré la détente monétaire.
Antoine Delon, président de Linxea, résume la situation : le Livret A est complètement K.O. face au fonds euros. Les afflux de collecte observés dès l’été 2025 se poursuivent en 2026. La garantie en capital, propre au fonds euros, rassure les épargnants qui refusent de perdre du pouvoir d’achat sans pour autant accepter la volatilité des marchés actions. Le fonds euros devient le compromis rationnel entre sécurité et performance.
| Assureur | Taux 2025 | Évolution |
|---|---|---|
| Ampli mutuelle | 3,75 % | Stable |
| MACSF | 3,15 % | Hausse |
| Maif | 3,05 % | Hausse |
| Macif | 2,70 % | Stable |
| Aréas | 2,50 % | Stable |
Source : BFM Business
Livret A contre fonds euros : l’écart de performance devient abyssal

Prenons un capital de 20 000 euros. Sur un Livret A à 1,5 %, l’épargnant génère 300 euros d’intérêts annuels. Sur un fonds euros à 3,5 %, le même montant rapporte 700 euros. L’écart absolu atteint 400 euros par an. Sur cinq ans, sans réinvestissement des intérêts, cela représente 2 000 euros de différence. Si l’on intègre l’inflation à 1 %, le rendement réel du Livret A tombe à 0,5 %, tandis que le fonds euros conserve un rendement réel de 2,5 %.
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Cette différence se creuse encore si l’on considère les bonus de rendement accordés par certains assureurs. Des contrats affichent des taux jusqu’à 4,5 % pour les nouveaux versements en 2026, selon les informations disponibles sur plusieurs courtiers en ligne. Ces bonus visent à capter les flux d’épargne qui fuient massivement le Livret A. Un épargnant qui verse 10 000 euros en début d’année sur un tel contrat récupère 450 euros d’intérêts, contre 150 euros sur le Livret A. Le rapport est de 1 à 3.
Le rendement moyen des fonds euros en 2025 s’établit à 2,6 %, toujours supérieur au Livret A. Mais la moyenne cache des disparités importantes. Les contrats distribués en ligne, sans réseau d’agences, affichent souvent des taux supérieurs de 0,5 à 1 point par rapport aux contrats bancaires classiques. La raison : des frais de gestion réduits et une mutualisation des coûts. Un épargnant qui compare les offres du marché peut gagner plusieurs centaines d’euros par an sur un capital de 50 000 euros.
| Support | Taux | Intérêts bruts | Rendement réel (inflation 1 %) |
|---|---|---|---|
| Livret A | 1,5 % | 300 € | 0,5 % |
| Fonds euros moyen | 2,6 % | 520 € | 1,6 % |
| Fonds euros performant | 3,5 % | 700 € | 2,5 % |
| Fonds euros avec bonus | 4,5 % | 900 € | 3,5 % |
La fiscalité : un avantage décisif après huit ans
Le Livret A est exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux. C’est son atout principal. Mais l’assurance-vie, après huit ans de détention, bénéficie d’un régime fiscal très avantageux. Les gains sont soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 7,5 % (au lieu de 12,8 % avant huit ans), auquel s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux, soit un total de 24,7 %. Surtout, un abattement annuel de 4 600 euros pour une personne seule et 9 200 euros pour un couple marié ou pacsé s’applique sur les gains.
Concrètement, un couple qui retire 15 000 euros d’un contrat de plus de huit ans, dont 10 000 euros de gains, ne paiera l’impôt que sur 800 euros (10 000 – 9 200). La fiscalité effective tombe à quelques dizaines d’euros. Sur un Livret A, aucun impôt, mais aucun gain non plus au-delà du plafond de 22 950 euros. L’assurance-vie, elle, n’a aucun plafond de versement. Un patrimoine de 100 000 euros, 200 000 euros ou plus peut être logé sur un contrat unique.
L’avantage successoral de l’assurance-vie renforce encore son attractivité. Les capitaux transmis aux bénéficiaires désignés échappent aux droits de succession dans certaines limites. Pour les versements effectués avant 70 ans, chaque bénéficiaire bénéficie d’un abattement de 152 500 euros. Au-delà, un prélèvement de 20 % s’applique jusqu’à 700 000 euros, puis 31,25 %. Ce régime dérogatoire permet de transmettre un patrimoine significatif en optimisant la fiscalité.
Le Livret A, lui, entre dans l’actif successoral classique et supporte les droits de succession pleins. Pour un parent qui transmet 50 000 euros à son enfant unique, le Livret A sera taxé selon le barème progressif en ligne directe. L’assurance-vie, si les versements ont été effectués avant 70 ans, exonérera totalement ce montant. L’écart fiscal peut atteindre plusieurs milliers d’euros pour des patrimoines modestes, plusieurs dizaines de milliers pour des patrimoines importants.
Les stratégies patrimoniales à déployer en 2026

Première stratégie : conserver un Livret A de précaution, plafonné à 3 ou 6 mois de dépenses courantes. Ce matelas de sécurité reste utile pour les imprévus. Le reste de l’épargne disponible bascule vers un fonds euros, accessible dès 100 euros de versement initial sur certains contrats en ligne. La liquidité reste totale, avec des retraits possibles à tout moment, sous quelques jours ouvrés. Aucune perte en capital, aucune contrainte de durée.
Deuxième stratégie : profiter des bonus de rendement sur les nouveaux versements. Certains assureurs offrent des taux bonifiés la première année pour attirer les flux. Un versement de 20 000 euros sur un fonds euros à 4,5 % génère 900 euros d’intérêts la première année. L’année suivante, même si le taux retombe à 3 %, le capital initial aura déjà bénéficié d’une surperformance. Cette tactique d’opportunité maximise le rendement à court terme sans prendre de risque.
Troisième stratégie : diversifier au sein du contrat d’assurance-vie. Le fonds euros sécurise le capital, mais les unités de compte (actions, obligations, immobilier via SCPI) offrent un potentiel de rendement supérieur sur le long terme. Un profil équilibré peut allouer 60 % en fonds euros, 20 % en SCPI pour un rendement régulier autour de 4 à 5 %, et 20 % en ETF actions pour capter la croissance des marchés. Cette répartition lisse le risque tout en visant un rendement global de 4 à 6 % par an.
Quatrième stratégie : ouvrir plusieurs contrats d’assurance-vie pour diversifier les assureurs. Aucune réglementation ne limite le nombre de contrats détenus. Un épargnant peut souscrire un contrat chez trois assureurs différents, bénéficier des bonus de chacun, et comparer les taux réels servis année après année. Cette diversification réduit le risque de concentration et permet de basculer les versements vers l’assureur le plus performant à chaque période.
Les erreurs qui coûtent des centaines d’euros par an
Erreur numéro un : laisser stagner des dizaines de milliers d’euros sur un Livret A au prétexte que c’est simple. Un capital de 40 000 euros sur Livret A génère 600 euros d’intérêts à 1,5 %. Le même montant sur un fonds euros à 3,5 % rapporte 1 400 euros. L’inertie coûte 800 euros par an, soit 4 000 euros sur cinq ans. Cette somme finance un voyage, une rénovation énergétique partielle, ou une épargne complémentaire pour la retraite.
Erreur numéro deux : choisir un contrat d’assurance-vie sans comparer les frais. Certains contrats bancaires classiques facturent 1 % de frais de gestion annuels sur les fonds euros. Un contrat en ligne facture 0,5 % ou même 0 %. Sur un capital de 50 000 euros, cette différence représente 250 euros par an. Sur vingt ans, cela fait 5 000 euros perdus en frais. Les comparateurs en ligne permettent d’identifier les contrats les plus compétitifs en quelques minutes.
Erreur numéro trois : retirer son argent d’un contrat d’assurance-vie avant huit ans sans raison impérieuse. La fiscalité avant huit ans est nettement moins favorable : prélèvement forfaitaire unique de 12,8 % au lieu de 7,5 %, et aucun abattement. Un retrait anticipé de 10 000 euros de gains coûte 1 280 euros d’impôt au lieu de 750 euros après huit ans, soit 530 euros de surcoût. Sauf urgence financière, il vaut mieux patienter.
Erreur numéro quatre : ignorer la clause bénéficiaire. Un contrat d’assurance-vie sans bénéficiaire désigné ou avec une clause standard mal rédigée peut entraîner des complications successorales. Les capitaux tombent dans la succession classique, perdant une partie de leur avantage fiscal. Une clause personnalisée, rédigée avec l’aide d’un notaire ou d’un conseiller, permet de transmettre le capital selon ses volontés précises et d’optimiser la fiscalité pour les héritiers.
Ce que les banques ne disent pas sur le fonds euros
Les conseillers bancaires en agence orientent souvent vers des contrats maison, moins performants que les contrats en ligne. Pourquoi ? Parce que les réseaux physiques supportent des coûts de structure élevés (loyers, salaires, logistique) qui se répercutent sur les frais et réduisent les taux servis. Un contrat bancaire classique affiche en moyenne 0,3 à 0,5 point de rendement en moins qu’un contrat 100 % digital. Sur un capital de 100 000 euros, cela représente 300 à 500 euros par an.
Autre point rarement évoqué : la clause de rachat partiel programmé. Cette option, disponible sur la plupart des contrats, permet de mettre en place des retraits automatiques mensuels ou trimestriels, transformant l’assurance-vie en complément de revenu. Un retraité qui place 200 000 euros sur un fonds euros à 3,5 % peut programmer un retrait mensuel de 500 euros, soit 6 000 euros par an, tout en laissant le capital fructifier. Après huit ans, la fiscalité sur ces retraits reste minime grâce à l’abattement.
Les assureurs ne communiquent pas non plus sur la possibilité d’arbitrer gratuitement entre fonds euros et unités de compte au sein du même contrat. Cette souplesse permet d’ajuster l’allocation en fonction des cycles de marché. En phase de hausse des taux obligataires, le fonds euros performe. En phase de reprise boursière, les unités de compte prennent le relais. L’épargnant actif peut ainsi optimiser son rendement sans changer de contrat ni subir de fiscalité sur les arbitrages internes.
Enfin, peu de clients savent qu’ils peuvent transférer un contrat d’assurance-vie d’un assureur à un autre sans fiscalité, à condition de respecter certaines conditions (principalement pour les contrats collectifs). Ce transfert permet de basculer vers un contrat plus performant sans perdre l’antériorité fiscale. Un contrat ouvert depuis sept ans peut être transféré et bénéficier du régime fiscal avantageux dès la huitième année, tout en profitant de meilleurs taux ailleurs.
📌 À retenir
- Le Livret A à 1,5 % génère un rendement réel de 0,5 % après inflation, contre 1,5 % à 3,5 % pour les fonds euros performants en 2026.
- Un capital de 20 000 euros rapporte 300 € sur Livret A contre 700 € à 900 € sur un fonds euros, soit un écart de 400 € à 600 € par an.
- Après huit ans, l’assurance-vie offre un abattement fiscal de 4 600 € par an (9 200 € pour un couple) sur les gains, rendant la fiscalité quasi nulle pour la plupart des épargnants.
- Les contrats en ligne affichent des taux supérieurs de 0,3 à 0,5 point par rapport aux contrats bancaires classiques, grâce à des frais réduits.
- Diversifier entre plusieurs contrats d’assurance-vie permet de capter les bonus de rendement et de réduire le risque de concentration sur un seul assureur.
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Comment mettre de côté, comment investir… ?
Avec @lel_media, on s'est dit que ce serait bien de lancer une série simple et fun sur le sujet.
Parce qu'il ne va pas falloir compter sur les retraites…
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Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.
