Alors que l’inflation prévue pour 2026 oscille autour de 2%, les deux tiers des Français expriment leur préoccupation face à la faiblesse persistante des rendements de leur épargne, selon une enquête Meilleurtaux Placement publiée fin avril.
Le Livret A stagne à 2,4% depuis février 2025. Les fonds euros des contrats d’assurance-vie affichent en moyenne 2,1% pour 2025, un niveau qui peine à couvrir l’érosion monétaire réelle une fois l’inflation déduite. Ce décalage entre attentes et réalité explique l’anxiété croissante des épargnants : placer 10 000 euros sur un Livret A rapporte 240 euros bruts par an, mais le pouvoir d’achat réel de ce capital diminue si les prix augmentent au même rythme.
Les placements refuges ne protègent plus du tout
L’étude Meilleurtaux Placement pointe un paradoxe français : la majorité des ménages continue de privilégier les supports garantis en capital (Livret A, LDDS, fonds euros), alors même que ces véhicules ne compensent plus l’inflation. Sur un horizon de cinq ans, un capital placé à 2,1% net subit une érosion réelle si l’inflation moyenne dépasse ce seuil. Les épargnants le savent, mais la peur de perdre en Bourse l’emporte sur la volonté de chercher du rendement.
Les unités de compte en assurance-vie ou les SCPI offrent des perspectives de rendement supérieures (4% à 5% bruts pour certaines SCPI), mais elles exposent à un risque de perte en capital que 67% des Français refusent encore d’accepter, même partiellement. Cette aversion au risque coûte cher : sur dix ans, un capital de 50 000 euros placé à 2% rapporte environ 10 950 euros bruts, contre 25 930 euros à 4,5%, inflation non déduite.
Ce que vous devez vérifier maintenant
Première action : comparer le taux réel de votre contrat d’assurance-vie au taux moyen du marché. Si votre fonds euros sert moins de 2%, vous perdez chaque année plusieurs centaines d’euros par rapport à un contrat mieux géré. Deuxième réflexe : diversifier une partie de l’épargne de précaution vers des supports qui battent l’inflation, même modestement. Un mix 70% fonds euros / 30% unités de compte équilibrées permet d’espérer 3% à 3,5% à moyen terme, avec un risque maîtrisé. Enfin, pour les patrimoines supérieurs à 100 000 euros, l’arbitrage entre sécurité totale et rendement réel devient stratégique : accepter 5% de risque en capital peut rapporter 1,5 point de rendement annuel supplémentaire, soit 15 000 euros sur dix ans pour un capital de départ de 100 000 euros.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.

