Trois épargnants français sur quatre avouent désormais une vraie préoccupation : leurs placements rapportent-ils encore quelque chose après inflation et fiscalité ?
Le baromètre Meilleurtaux Placement publié en avril 2026 pose un constat sans détour. Avec une inflation qui oscille autour de 2 % et des fonds euros qui stagnent entre 1,8 % et 2,5 % brut selon les assureurs, le rendement net réel devient souvent négatif pour les épargnants les plus prudents. Cette prise de conscience collective marque un tournant : les Français ne veulent plus simplement placer leur argent, ils veulent qu’il travaille.
📊 Ce que révèle le sondage
-
- Préoccupation majeure : 72 % des Français s’inquiètent du rendement de leur épargne
- Inflation attendue 2026 : environ 2 % selon les prévisions macro-économiques
- Fonds euros brut moyen : fourchette observée entre 1,8 % et 2,5 % selon les contrats
Source : Meilleurtaux Placement
Ce qui inquiète vraiment les épargnants
Le problème ne tient pas qu’au taux nominal affiché. Un fonds euros à 2,3 % brut semble correct sur le papier. Mais après prélèvements sociaux (17,2 %), l’impôt sur le revenu pour les tranches supérieures, et surtout l’inflation à 2 %, le rendement net réel devient proche de zéro, voire négatif pour les profils fiscalisés. Résultat : l’épargne sécurisée ne préserve plus le pouvoir d’achat.
Cette situation explique l’attrait croissant pour les SCPI, qui affichent des taux de distribution moyens autour de 4 % à 5,5 % brut selon les sociétés de gestion. Mais là encore, la fiscalité mord : les revenus fonciers des SCPI sont imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu, auxquels s’ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux. Pour un investisseur dans la tranche marginale à 30 %, le rendement net peut tomber sous les 3 %, avant même d’avoir intégré l’inflation.
Ce que vous devez vérifier maintenant
Première urgence : calculer le rendement net réel de chacun de vos placements. Prenez le taux brut annoncé, retranchez la fiscalité applicable à votre tranche marginale d’imposition, puis l’inflation. Si le résultat est proche de zéro ou négatif, votre capital s’érode en silence. Deuxième réflexe : diversifier en intégrant des supports à rendement réel positif, quitte à accepter une volatilité modérée. Les unités de compte en assurance-vie, certaines SCPI spécialisées, ou les ETF obligataires dynamiques peuvent constituer des alternatives. Troisième point : arbitrer en faveur de l’enveloppe fiscale la plus protectrice selon votre situation (PEA pour les actions européennes, assurance-vie après 8 ans pour l’abattement, PER pour les hauts revenus cherchant la déduction). L’époque où l’on pouvait laisser dormir son épargne sur un Livret A et un fonds euros est révolue. Désormais, ne rien faire coûte cher.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

