Un fonds en euros qui exclut les énergies fossiles et garantit au moins 3% de rendement net de frais de gestion pour 2026 et 2027 : Goodvest vient de lancer Vertessima. Sur le papier, l’offre coche toutes les cases. Dans les faits, quelques détails méritent d’être décortiqués avant de signer.
Le fonds en euros était donné pour mort il y a encore deux ans. Rendements écrasés, collecte en berne, épargnants poussés vers les unités de compte. Puis les taux sont remontés, et le fonds euros a retrouvé des couleurs. Goodvest, la fintech française spécialisée dans l’épargne alignée avec l’Accord de Paris, en profite pour lancer Vertessima. Un fonds euros classé Article 8 SFDR, garanti sans énergies fossiles, distribué dans son contrat Goodvie.
L’argument commercial est frappant : au moins 3% net de frais de gestion pour toute somme investie entre le 15 juillet et le 31 décembre 2026, au titre des exercices 2026 et 2027. À comparer aux 2,63% de rendement moyen des fonds euros mesuré par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). L’écart existe. Mais un taux garanti pendant deux ans n’est pas un rendement pérenne, et c’est précisément là que la lecture attentive s’impose.
Ce que promet vraiment Vertessima
Le fonds est porté par l’assureur Generali Vie et distribué en priorité par deux plateformes d’investissement responsable : Goodvest et Green-Got. Il sera ensuite proposé progressivement aux autres réseaux partenaires de Generali. Sa singularité tient à son exclusion des entreprises liées aux énergies fossiles, un positionnement encore rare sur le marché des fonds en euros dits verts.
La promesse de rendement repose sur un mécanisme précis. Le taux de participation aux bénéfices d’au moins 3% est net de frais de gestion, mais hors prélèvements sociaux et fiscaux. Autrement dit, c’est un rendement brut d’impôt et de CSG-CRDS. L’engagement s’applique au prorata de la durée de détention du fonds au cours de chaque année civile. Une souscription tardive en 2026 ne touchera donc qu’une fraction du taux pour cette année-là.
Les frais de gestion du fonds Vertessima s’élèvent à 0,75% par an. C’est ce niveau qui est déjà déduit du taux annoncé. Le chiffre de 3% est donc net de ces frais spécifiques au fonds euros, mais il ne prend pas en compte les frais du contrat d’assurance-vie lui-même, qui sont d’une autre nature.
Point crucial souvent survolé : la garantie ne porte que sur deux exercices, 2026 et 2027. Comme le rappellent les documents de Generali, ce taux ne préjuge en rien des performances distribuées après 2027. Celles-ci resteront soumises aux résultats financiers du fonds et aux décisions de l’assureur. Vous achetez donc deux ans de visibilité, pas une rente garantie à vie.
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| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Rendement minimum garanti | 3% net de frais de gestion (2026 et 2027) |
| Frais de gestion du fonds | 0,75% par an |
| Assureur | Generali Vie |
| Classification | Article 8 SFDR |
| Exclusion sectorielle | Énergies fossiles |
| Contrat de distribution | Goodvie (Goodvest) |
| Période d’éligibilité | 15 juillet au 31 décembre 2026 |
Un fonds euros vert, mais dans un contrat pas comme les autres
Vertessima n’est disponible que dans le contrat Goodvie. Impossible donc de raisonner sur le seul rendement du fonds euros sans intégrer le coût du contrat qui l’héberge. Goodvie est une assurance-vie 100% en gestion pilotée, avec des frais de gestion maximum de 1,95% par an selon les données publiées par MoneyVox. C’est un point structurant que la communication autour des 3% laisse dans l’ombre.
Ces 1,95% s’appliquent à la logique de gestion pilotée du contrat. Le fonds Vertessima, lui, affiche ses propres frais de 0,75% déjà déduits du taux garanti. La question à poser à Goodvest avant de souscrire est simple : quel est le rendement net une fois l’ensemble des frais du contrat pris en compte sur la poche fonds euros ? Un taux facial de 3% peut fondre selon la structure de frais appliquée.
La contrepartie de ce coût, c’est le positionnement du contrat. Goodvie revendique d’être la première assurance-vie alignée avec l’Accord de Paris pour le climat. Pour vérifier l’empreinte carbone des entreprises financées, Goodvest s’appuie sur Carbon 4 Finance, un fournisseur de données indépendant spécialisé dans les mesures climatiques. Les secteurs exclus vont au-delà des fossiles : tabac, armement, divertissement pour adultes. C’est une cohérence assumée que peu de contrats classiques offrent.
Goodvest est une entreprise à mission, immatriculée à l’ORIAS et régulée par l’ACPR et l’AMF. Cadre solide. Reste que la finance responsable a un prix, et que ce prix se paie en frais de gestion supérieurs à ce que proposent les contrats en ligne les plus agressifs sur les tarifs.
Comparer 3% garanti au reste du marché
Le chiffre de 3% impressionne surtout par rapport à la moyenne. Selon l’ACPR, le rendement moyen des fonds euros de l’assurance-vie s’est établi à 2,63%. Vertessima se positionne donc au-dessus de la moyenne du marché, et cet écart de rendement, garanti pendant deux ans, a une vraie valeur pour un épargnant qui cherche de la sécurité.
Mais attention au piège classique du fonds euros boosté. Ces taux bonifiés sont fréquemment conditionnés à une part minimale d’unités de compte dans le contrat, ou limités à une période courte. Dans le cas de Vertessima, la garantie s’applique aux versements réalisés jusqu’au 31 décembre 2026, avec un dossier reçu complet chez Generali Vie sur la période. Après cette date, le régime change et le rendement redevient discrétionnaire.
Prenons un exemple générique. Un épargnant qui verse une somme sur Vertessima en octobre 2026 ne bénéficiera du taux garanti que pour la fraction de l’année écoulée, calculée prorata temporis. Sur l’année civile 2027 complète, il touchera le taux plein. C’est un calcul de durée de détention, pas un taux plaqué mécaniquement sur le capital investi dès le premier jour.
| Indicateur | Vertessima (Goodvest) | Marché fonds euros |
|---|---|---|
| Rendement de référence | 3% minimum garanti (2026-2027) | 2,63% (moyenne) |
| Nature du taux | Garanti sur 2 exercices | Variable annuel |
| Exclusion énergies fossiles | Oui | Rare |
| Prélèvements sociaux et fiscaux | Non inclus dans le taux | Non inclus |
Source : MoneyVox / Generali
Les stratégies pour tirer parti de l’offre
Premier levier : le timing. La fenêtre de souscription court du 15 juillet au 31 décembre 2026. Pour capter le taux garanti sur les deux exercices, mieux vaut positionner ses versements tôt dans cette période plutôt que d’attendre la dernière minute. Le prorata temporis pénalise mécaniquement les souscriptions tardives sur l’année 2026.
Deuxième levier : l’offre commerciale sur les frais. Goodvest propose aux lecteurs de MoneyVox de ne facturer aucuns frais pendant les trois premiers mois en cas de nouvelle souscription à Goodvie, dans la limite de 1 000 euros de frais non prélevés, jusqu’au 31 décembre 2026, via le code MONEYVOX. Cette exonération temporaire améliore le rendement net réel sur les premiers mois. À intégrer dans votre calcul de rentabilité de départ.
Troisième levier : l’usage patrimonial. Un fonds euros garanti à 3% pendant deux ans est un support de sécurisation, pas un moteur de performance. Il a du sens pour une poche de trésorerie de moyen terme, ou pour lisser le risque d’un contrat majoritairement investi en unités de compte. L’utiliser comme unique support revient à figer son épargne sur un taux qui redeviendra incertain dès 2028.
Quatrième levier : la cohérence globale. Si votre motivation première est d’aligner votre épargne avec une logique climatique, Vertessima s’insère dans un contrat Goodvie déjà entièrement construit sur cette philosophie, avec des fonds labellisés ISR ou Greenfin. L’ensemble forme un tout cohérent. Si votre seul critère est le rendement net, la comparaison avec des contrats à frais réduits reste indispensable.
Les erreurs à éviter absolument
Erreur numéro un : confondre taux garanti et taux net dans la poche. Les 3% sont nets des frais du fonds euros à 0,75%, mais bruts de prélèvements sociaux et fiscaux. Après la CSG-CRDS et l’impôt sur les plus-values au moment du rachat, le rendement réellement perçu sera inférieur. Le chiffre affiché est un point de départ, pas un résultat final.
Erreur numéro deux : ignorer l’horizon de la garantie. Souscrire pour deux ans de taux bonifié en imaginant que 3% deviendra la norme est une illusion. Après 2027, le fonds retombe dans le régime discrétionnaire de l’assureur. Un épargnant qui aurait dimensionné toute sa stratégie sur ce taux serait pris de court.
Erreur numéro trois : négliger le coût du contrat. Se focaliser sur le fonds euros sans regarder les frais de gestion de Goodvie, jusqu’à 1,95% par an, fausse toute comparaison. Le vrai indicateur reste le rendement net de TOUS les frais, pas le taux facial mis en avant dans les publicités.
Notre analyse
Vertessima est un produit honnête dans son intention. Un fonds euros qui exclut réellement les énergies fossiles, adossé à un assureur solide comme Generali, avec une garantie de rendement supérieure à la moyenne du marché : c’est rare, et c’est utile pour un segment d’épargnants qui refusaient jusqu’ici de choisir entre sécurité et convictions climatiques.
Ce que la communication ne met pas en avant, c’est la mécanique de frais du contrat porteur et le caractère strictement temporaire de la garantie. Le 3% est un taux d’appel, séduisant, mais borné à deux exercices et grevé des frais de gestion de Goodvie une fois le mécanisme complet appliqué. Un épargnant averti compare le rendement net de tous frais, pas le taux d’accroche.
Notre position : Vertessima mérite sa place dans un contrat Goodvie pour qui adhère à la démarche climatique et cherche à sécuriser une partie de son épargne sur un horizon de deux à trois ans. Pour un investisseur dont le seul critère est le rendement net maximal, l’arbitrage doit se faire à froid, contrat par contrat, calculatrice en main. La finance responsable a une valeur, encore faut-il en accepter le coût en toute connaissance de cause.
📌 À retenir
- Vertessima garantit au moins 3% net de frais de gestion pour 2026 et 2027, contre une moyenne de marché à 2,63% selon l’ACPR, mais uniquement pour les versements reçus complets entre le 15 juillet et le 31 décembre 2026.
- Le taux est net des frais du fonds (0,75%) mais hors prélèvements sociaux et fiscaux, et le contrat Goodvie applique jusqu’à 1,95% de frais de gestion par an à intégrer dans le calcul net.
- La garantie ne porte que sur deux exercices : après 2027, le rendement redevient discrétionnaire et n’est plus assuré. Utile comme poche de sécurisation, pas comme rente pérenne.
🐦 Ce qu’en disent les experts
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.
