L’inventaire successoral de la princesse Désirée de Suède, décédée en janvier 2026, révèle un patrimoine de 11,6 millions d’euros réparti entre ses deux filles uniquement. Son fils aîné n’hérite de rien.
Le 21 janvier 2026 s’éteignait Désirée de Suède, sœur du roi Carl XVI Gustaf, à l’âge de 87 ans dans le château de Koberg. Plusieurs mois après sa disparition, l’inventaire successoral transmis à l’administration fiscale suédoise devient public, selon le principe de transparence fiscale en vigueur dans le pays. Selon Point de Vue, le quotidien Expressen révèle le 7 juin 2026 que la princesse laisse 126 millions de couronnes suédoises, soit environ 11,6 millions d’euros. Ce montant comprend des liquidités, des titres, des bijoux estimés à près d’un million de couronnes et un appartement à Majorque de 6,5 millions de couronnes (environ 600 000 euros), situé à Santa Ponsa.
Chiffres clés
- Patrimoine total de Désirée de Suède : 126 millions de couronnes (11,6 millions d’euros)
- Héritage du baron Carl en 2017 : 26 millions de couronnes (2,4 millions d’euros)
- Appartement à Majorque : 6,5 millions de couronnes (600 000 euros)
- Nombre de légataires : 2 filles sur 3 enfants
Source : Point de Vue
Un fils exclu, deux filles légataires universelles
Le testament désigne uniquement Christina Louise De Geer (59 ans) et Hélène Silfverschiöld (57 ans), les deux filles de la princesse, comme bénéficiaires. Le baron Carl Silfverschiöld, 61 ans, fils aîné du couple, ne reçoit rien. Aucun conflit familial derrière cette décision. La princesse l’explicite elle-même dans son testament : « Cette nomination a désavantagé mon fils Carl. Cependant, il a été largement indemnisé dans le testament de mon mari, tant en ce qui concerne ses biens privés que les biens qu’il détient en fidéicommis. »
En avril 2017, à la mort du baron Niclas Silfverschiöld, le baron Carl devient seul héritier de son père. Il reçoit 26 millions de couronnes (2,4 millions d’euros) ainsi que les châteaux de Koberg et Gåsevadsholm, propriétés familiales situées respectivement dans le Västergötland et le comté de Halland. Ces biens, transmis selon la tradition patrimoniale des Silfverschiöld à l’héritier mâle chef de famille, représentent un patrimoine significatif. Les deux sœurs n’ont rien reçu du vivant de leur père.
Rééquilibrage successoral anticipé
La décision de Désirée de Suède relève d’une planification patrimoniale réfléchie, prise il y a plusieurs années. En excluant son fils de sa propre succession, elle compense l’avantage qu’il a obtenu lors de la transmission paternelle. Ce type de rééquilibrage successoral entre enfants s’inscrit dans une logique d’équité globale, non de conflit. Le baron Carl détient aujourd’hui le château de Koberg, où vivait sa mère, tandis que ses sœurs se partagent les actifs financiers et immobiliers (Majorque) de la défunte princesse.
En droit français, une telle répartition inégalitaire serait impossible sans risque de réduction pour atteinte à la réserve héréditaire. En Suède, la liberté testamentaire permet d’exclure un enfant, à condition de justifier la décision. Ici, la justification repose sur une transmission antérieure documentée. Les trois enfants ont accepté cette répartition sans contestation, selon les sources suédoises.
Transparence fiscale suédoise et publicité des successions
La Suède impose la publicité des inventaires successoraux via l’administration fiscale. Tout citoyen peut consulter les déclarations de patrimoine et les testaments une fois validés par le fisc. Ce principe de transparence, impensable en France où le secret fiscal protège les données personnelles, permet aux médias suédois d’accéder aux détails chiffrés des successions, y compris celles de la famille royale. L’inventaire de Désirée de Suède a ainsi été publié quelques mois après sa transmission à l’administration, révélant la composition exacte de son patrimoine et la liste de ses légataires.
La princesse Désirée, veuve depuis 2017, vivait retirée au château de Koberg, loin de la capitale. Troisième enfant du prince Gustave-Adolphe, duc de Västerbotten, elle laisse derrière elle un baron et deux baronnes qui ont hérité de manière inégale, mais équitable au regard des transmissions antérieures. Un cas d’école de planification successorale dynastique.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
