Livret A à 1,70 % : les 3 seuls placements encore exonérés de prélèvements sociaux en 2026

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Au 1er janvier 2026, les prélèvements sociaux sur les revenus de placement grimpent à 18,6 %. Une hausse qui frappe l’assurance-vie, le PEL et les comptes-titres. Pourtant, trois produits y échappent totalement. Livret A, LDDS et LEP restent les derniers refuges d’une épargne nette d’impôt et de cotisations. Encore faut-il comprendre ce que cet avantage vaut vraiment.

La photographie de l’épargne réglementée française a changé cet été. Depuis le 1er août 2026, le Livret A et le LDDS servent 1,70 %, contre 1,50 % au 1er février. Le LEP, lui, tient bon à 2,50 %. Ces taux paraissent modestes face aux 3 % ou 4 % affichés il y a peu. Mais ils cachent un atout que les épargnants sous-estiment systématiquement : ils sont nets. Zéro impôt sur le revenu, zéro prélèvement social.

Cet avantage prend une dimension nouvelle en 2026. Le taux des prélèvements sociaux sur les revenus de placement passe à 18,6 %. Autrement dit, pour tous les produits fiscalisés (fonds euros d’assurance-vie, CEL, PEL récents, comptes-titres), l’écart entre le rendement brut affiché et le rendement réellement encaissé se creuse. Comprendre où se loge cet écart, c’est comprendre pourquoi trois vieux livrets réglementés restent, à leur niveau, imbattables.

Ce qui change vraiment au 1er janvier 2026

Le taux des prélèvements sociaux sur les revenus de placement passe à 18,6 % au 1er janvier 2026. C’est le chiffre à retenir. Jusque-là, la référence était de 17,2 %. Cette hausse d’environ 1,4 point s’applique aux produits imposables : intérêts d’obligations, dividendes, plus-values, mais aussi aux intérêts des CEL et des PEL ouverts depuis 2018.

Concrètement, ces derniers subissent la flat tax de 30 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux[2]. Sur un PEL ouvert en 2026, rémunéré à 2 % brut, l’épargnant conserve nettement moins une fois le prélèvement forfaitaire unique appliqué. Le CEL, à 1,25 % brut, subit le même sort. Le rendement net réel de ces produits d’épargne logement tombe donc sous celui du Livret A.

Face à cela, service-public.fr est sans ambiguïté : les revenus du Livret A, du LEP, du LDDS et du Livret Jeune sont exonérés d’impôt sur le revenu et exonérés de prélèvements sociaux[1]. Ces produits ne figurent même pas dans la déclaration de revenus. Un point que MoneyVox confirme : ces livrets sont totalement défiscalisés, aucun impôt ni prélèvement sur les intérêts annuels[2].

L’arithmétique devient parlante quand on la met en tableau. Un taux brut affiché sur un produit fiscalisé ne se compare jamais directement à un taux net garanti.

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Épargne réglementée : taux et fiscalité au 1er août 2026
Produit Taux affiché Fiscalité des intérêts
Livret A 1,70 % Exonéré (impôt + prélèvements sociaux)
LDDS 1,70 % Exonéré (impôt + prélèvements sociaux)
LEP 2,50 % Exonéré (impôt + prélèvements sociaux)
CEL 1,25 % brut Flat tax (ouverts depuis 2018)
PEL (ouvert en 2026) 2,00 % brut Flat tax (30 %)

Source : MoneyVox · Service-public.fr

Le vrai rendement net, ce que le taux brut cache

Comparer un taux brut à un taux exonéré est l’erreur la plus répandue chez l’épargnant. Un PEL 2026 à 2 % brut, après flat tax, laisse un rendement net inférieur au LEP à 2,50 % totalement exonéré. Le LEP écrase donc la concurrence réglementée sur le plan du rendement net réel, à condition d’y être éligible (le LEP est soumis à des plafonds de revenus).

Le Livret A à 1,70 % net occupe une position paradoxale. Son taux nominal a baissé, il servait 1,50 % en février[5]. Mais dans un environnement où les prélèvements sociaux montent à 18,6 %, la valeur de son exonération augmente mécaniquement. Plus la fiscalité sur les autres placements se durcit, plus le caractère net du Livret A devient un argument compétitif, à niveau de rendement équivalent.

Le raisonnement à tenir est celui du taux de rendement net après fiscalité. Pour battre un LEP à 2,50 % net, un produit fiscalisé soumis à la flat tax devrait afficher un brut supérieur à 3,5 %. Peu de placements sans risque atteignent ce niveau aujourd’hui. Le fonds euros d’une assurance-vie, lui aussi soumis aux prélèvements sociaux, doit désormais compter avec le passage à 18,6 % pour livrer son rendement net réel.

La contrepartie de cette sécurité fiscale, c’est le plafond et l’absence de couple rendement/risque supérieur. Ces livrets ne capitalisent pas, ne diversifient rien et ne dépassent pas leur plafond. Ils garantissent la liquidité et la préservation du capital nominal, rien de plus. Face à une inflation contenue mais réelle, invoquée par la Banque de France pour justifier la hausse d’août[3], le rendement réel après inflation reste ténu.

Fiscalité de l'épargne réglementée en 2026

Exonération totale préservée
Livret A, LDDS et LEP échappent aux prélèvements sociaux et à l'impôt sur le revenu, alors que ces derniers passent à 18,6 %.
Prélèvements sociaux en hausse
Le taux passe à 18,6 % au 1er janvier 2026, creusant l'écart entre rendement brut affiché et rendement net encaissé sur les produits fiscalisés.
Le LEP écrase la concurrence
À 2,50 % net, le LEP dépasse tout produit réglementé fiscalisé. Un PEL 2026 à 2 % brut rapporte moins après flat tax.
Décollecte et arbitrage
Six mois de retraits consécutifs : l'épargne excédentaire migre vers l'assurance-vie et le PER, en quête de rendement à plus long terme.
Rendement réel limité
À 1,70 % net, le Livret A protège la trésorerie de précaution mais ne compense pas l'inflation sur le long terme.

Où placent les Français en 2026 : la décollecte qui interroge

Les chiffres de collecte racontent une histoire contre-intuitive. En juin 2026, le Livret A et le LDDS ont perdu 1,17 milliard d’euros, le LEP 100 millions, selon la Caisse des Dépôts, marquant un sixième mois consécutif de décollecte[4]. Autrement dit, malgré leur avantage fiscal, ces livrets voient les épargnants retirer leur argent.

Où va cet argent ? Selon Le Revenu, l’assurance-vie et le PER font de l’ombre au Livret A[4]. Une partie des flux se réoriente vers des produits capitalisants, à horizon plus long, cherchant un rendement supérieur au taux réglementé. La baisse du taux du Livret A de 3 % vers 1,70 % en dix-huit mois a mécaniquement réduit son attrait pour l’épargne de moyen terme.

Ce mouvement mérite nuance. La hausse du taux à 1,70 % au 1er août n’a pas eu d’impact notable sur la collecte, note Investir[3]. La logique de l’épargnant n’est pas purement guidée par 20 points de base de rémunération. Elle répond à un arbitrage plus large entre liquidité immédiate, sécurité et recherche de performance sur des supports diversifiés.

Pour l’analyste, la leçon est claire : ces livrets ne sont pas des supports de performance. Ils sont des réservoirs de trésorerie fiscalement optimaux. Les confondre avec un placement de rendement, c’est se condamner à un capital érodé par l’inflation sur le long terme. Leur rôle est de sécuriser l’épargne de précaution, pas de faire fructifier un patrimoine.

La stratégie d’allocation à tenir en 2026

La règle d’arbitrage se construit par étages. Premier réflexe : saturer le LEP si l’on y est éligible. À 2,50 % net d’impôt et de prélèvements sociaux, c’est le meilleur rendement sans risque du marché réglementé. Le LEP reste stable à 2,50 % pour les six mois à venir[3], et n’apparaît pas dans l’arrêté du 28 juillet 2026 qui ne concerne que Livret A, LDDS et produits assimilés[2].

Deuxième étage : le Livret A et le LDDS comme épargne de précaution. Leur liquidité totale et leur exonération justifient d’y loger l’équivalent de plusieurs mois de dépenses courantes. C’est de la trésorerie disponible immédiatement, sans frottement fiscal. Le raisonnement rendement/risque est ici secondaire : on paie la sécurité et la disponibilité, pas la performance.

Troisième étage : au-delà de l’épargne de précaution saturée, la question de la diversification se pose. Un fonds euros d’assurance-vie, une SCPI de rendement ou une unité de compte relèvent d’une autre logique. Ces supports visent un rendement supérieur, mais ils supportent les prélèvements sociaux à 18,6 % sur leurs revenus, et surtout un risque de perte en capital pour les SCPI et unités de compte. La comparaison ne se fait qu’à horizon, profil de risque et liquidité comparables, ce qui n’est jamais le cas entre un livret réglementé et une SCPI.

Exemple d’arbitrage concret. Un épargnant disposant de liquidités inutilisées sur un CEL à 1,25 % brut, désormais fiscalisé, aurait intérêt à basculer ces sommes vers le Livret A à 1,70 % net, plafond permettant. Le gain vient à la fois du taux supérieur et de l’exonération totale. Le CEL fiscalisé, une fois la flat tax appliquée, offre un rendement net réel très inférieur.

Les erreurs à éviter absolument

Première erreur : comparer un taux brut à un taux net. Un PEL 2026 à 2 % brut n’est pas plus rémunérateur qu’un Livret A à 1,70 % net. Après flat tax, le rendement net du PEL récent passe sous celui du livret exonéré. Cette confusion coûte cher aux épargnants qui privilégient le chiffre le plus haut sans regarder la fiscalité.

Deuxième erreur : négliger le LEP par méconnaissance. Le livret d’épargne populaire reste le rendement sans risque le plus élevé du marché réglementé à 2,50 % net. Selon Le Revenu, les ouvertures stagnent mais les LEP existants sont de plus en plus remplis[4]. Un épargnant éligible qui n’a pas ouvert son LEP laisse mécaniquement de l’argent sur la table.

Troisième erreur : traiter ces livrets comme un placement long terme. Avec une inflation contenue mais réelle invoquée par la Banque de France, le rendement réel après inflation d’un Livret A à 1,70 % reste faible. Immobiliser des sommes importantes au-delà de l’épargne de précaution, c’est accepter une érosion lente du pouvoir d’achat. La sécurité fiscale n’efface pas le risque inflation.

Notre analyse

La vraie information de 2026 n’est pas la baisse du Livret A à 1,70 %. C’est la hausse silencieuse des prélèvements sociaux à 18,6 % sur tout le reste. Chaque fois que la fiscalité de l’épargne se durcit, l’exonération totale du Livret A, du LDDS et du LEP gagne en valeur relative. Ces trois produits sont devenus les derniers îlots nets d’un océan fiscalisé.

Pour autant, aucun analyste sérieux ne recommandera d’y concentrer un patrimoine. Ces livrets remplissent une fonction précise : la trésorerie de précaution, disponible et fiscalement neutre. Leur rendement net réel après inflation reste marginal. Le vrai enjeu patrimonial se joue ailleurs, dans la construction d’une allocation diversifiée où ces livrets tiennent le rôle de coussin de liquidité, pas de moteur de performance.

La décollecte de six mois consécutifs observée par la Caisse des Dépôts traduit précisément cette prise de conscience. Les épargnants réorientent leur épargne excédentaire vers des supports capitalisants. Le mouvement est rationnel, à condition d’accepter le risque et l’horizon associés. La sagesse consiste à saturer d’abord les livrets exonérés pour l’épargne de précaution, puis à diversifier le surplus en connaissance de cause, prélèvements sociaux et risque compris.

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

Livret A, LDDS et LEP : les seuls placements exonérés en 2026

  • Prélèvements sociaux à 18,6 % sur les revenus de placement au 1er janvier 2026
  • Livret A et LDDS : 1,70 % net depuis le 1er août 2026
  • LEP maintenu à 2,50 % net, meilleur rendement réglementé sans risque
  • Livret A, LDDS et LEP totalement exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux
  • CEL à 1,25 % et PEL récent à 2 % brut soumis à la flat tax de 30 %
  • Sixième mois consécutif de décollecte du Livret A en juin 2026
Arnaud
Arnaud
En charge de la rubrique Finance depuis 2019 au sein de la rédaction de Patrimoine Magazine, Arnaud suit notamment les thématiques liées au capital investissement.

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