Goodvest a lancé Vertessima, un fonds en euros distribué avec un rendement minimum de 3% net de frais de gestion pour 2026 et 2027. Géré par Generali Vie, il exclut les énergies fossiles. Un taux garanti supérieur à la moyenne du marché, mais assorti de conditions qu’il faut décortiquer avant de signer.
Le marché des fonds en euros bouge enfin. Après des années de rendements en berne, quelques assureurs remettent du taux boosté sur la table pour capter la collecte. Goodvest, plateforme d’épargne responsable, s’associe à Generali Vie pour proposer Vertessima : un fonds euros vert affichant un plancher de rendement de 3% net de frais de gestion. L’offre est temporaire et soumise à des règles précises.
Le positionnement mérite qu’on s’y arrête. D’un côté, un argument de performance : 3% garantis quand la moyenne du marché plafonne bien plus bas. De l’autre, un argument extra-financier : l’exclusion des entreprises liées aux énergies fossiles, avec un reporting SFDR Article 8. Reste à savoir si le rendement affiché tient la comparaison face aux autres placements, et à quel prix pour l’épargnant.
Ce que garantit vraiment le fonds Vertessima
Le chiffre à retenir : 3% minimum net de frais de gestion, hors prélèvements sociaux et fiscaux, au titre des exercices 2026 et 2027. Ce taux de participation aux bénéfices est attribué par l’assureur Generali Vie. Il ne s’agit donc pas d’une promesse marketing de Goodvest mais d’un engagement contractuel de l’assureur, formalisé dans la note d’information valant conditions générales.
La fenêtre de souscription est fermée dans le temps. Le taux s’applique à toute nouvelle souscription, tout versement libre et tout versement libre programmé dont le dossier est reçu complet chez Generali Vie entre le 15 juillet et le 31 décembre 2026 inclus. Passé cette date, l’engagement de 3% minimum ne couvre plus les versements ultérieurs. C’est un mécanisme de collecte classique : l’assureur bonifie les entrées sur une période courte pour gonfler ses encours.
Le détail qui compte : le taux est servi au prorata de la durée de détention du fonds au cours de chaque année civile. En clair, un versement effectué en octobre 2026 ne touchera pas 3% sur l’année pleine, mais un calcul prorata temporis sur les mois restants. Cette mécanique du prorata rogne le rendement effectif de la première année pour les souscripteurs tardifs. Investir tôt dans la fenêtre maximise le bénéfice.
Sur le plan extra-financier, Vertessima exclut les entreprises liées aux énergies fossiles et vise des investissements durables. Les souscripteurs reçoivent un rapport annuel au format SFDR Article 8, avec la méthodologie, des exemples de secteurs financés et la répartition sectorielle, géographique et par classe d’actifs. Le fonds est d’abord distribué par Goodvest et Green-Got, avant un déploiement progressif chez les autres partenaires de Generali.
3% garanti : comment ça se situe face au marché
La comparaison est parlante. Le taux moyen des fonds en euros s’est établi à 2,63% en 2025, identique à 2024, selon l’ACPR. Vertessima offre donc un plancher supérieur d’environ 40 points de base à cette moyenne. Pour 2026, un taux moyen de 2,9% est anticipé sur les fonds euros, supérieur au Livret A.
| Support | Taux | Période |
|---|---|---|
| Vertessima (Goodvest) | 3% minimum net de frais de gestion | 2026 et 2027 |
| Fonds euros, moyenne marché | 2,63% | 2025 (comme 2024) |
| Fonds euros, prévision moyenne | 2,9% attendu | 2026 |
Source : MoneyVox / ACPR · MoneyVox / Goodvest
Une précision technique qui change la lecture. Le 3% de Vertessima est annoncé net de frais de gestion. Le taux moyen de 2,63% publié par l’ACPR correspond au taux effectivement servi aux épargnants, également net de frais de gestion de l’assureur. La comparaison est donc à peu près à périmètre équivalent sur ce point. En revanche, dans les deux cas, les prélèvements sociaux et la fiscalité restent à déduire.
Attention à ne pas confondre net de frais de gestion et net de tout. Les prélèvements sociaux de 17,2% s’appliquent sur les intérêts d’un fonds euros, généralement chaque année au moment de leur inscription. Un rendement affiché de 3% brut social se traduit par un gain net de prélèvements sociaux nettement inférieur. Sur un fonds euros, cette ponction est difficilement évitable puisqu’elle intervient annuellement, contrairement aux unités de compte.
Le 3% de Vertessima reste un plancher, pas un plafond. Rien n’interdit à Generali de servir davantage si les résultats financiers le permettent. Mais l’engagement contractuel porte sur le minimum. C’est précisément ce plancher qui constitue l’avantage : dans un contexte de taux incertains, avoir un rendement minimum garanti sur deux exercices sécurise la visibilité de l’épargnant.
Vertessima : enjeux pour votre épargne
Ce que le fonds euros ne fait pas : le comparatif rendement/risque
Un fonds euros n’est pas un placement de performance. C’est un support de sécurité, avec capital garanti et liquidité. Sur longue durée, il ne fait pas le poids face aux unités de compte. Le second rapport de l’Observatoire des produits d’épargne financière s’est penché sur ce que rapporte un contrat d’assurance-vie prudent sur dix ans, entre 2016 et 2025. La leçon est connue des analystes : plus la part de fonds euros est élevée, plus le rendement de long terme est bridé.
Positionner Vertessima dans une allocation suppose de raisonner objectif. Pour une poche de sécurité, un horizon court ou une épargne de précaution, un fonds euros à 3% garanti est cohérent. Pour un projet à dix ou quinze ans, la logique voudrait d’y adjoindre des unités de compte, plus risquées mais au potentiel de rendement supérieur, quitte à accepter la volatilité et l’absence de garantie en capital.
Sur le terrain de la comparaison avec les alternatives, quelques repères. Le Livret A offre une liquidité totale, une garantie d’État et une fiscalité nulle, mais un plafond de dépôt et un taux administré révisé périodiquement. Le fonds euros n’a pas de plafond légal de versement, offre une fiscalité avantageuse après huit ans de détention, mais subit les prélèvements sociaux annuels. Selon MoneyVox, la question du choix entre assurance-vie et Livret A en 2026 dépend précisément de l’horizon et de la fiscalité recherchée.
Le cas des SCPI logées en assurance-vie mérite d’être posé pour tout épargnant en quête de rendement supérieur. Une SCPI vise historiquement un taux de distribution plus élevé qu’un fonds euros, mais avec un risque de perte en capital, une liquidité moindre et des frais d’entrée souvent significatifs. Comparer 3% garanti sur un fonds euros à un taux de distribution de SCPI n’a de sens qu’en intégrant le différentiel de risque et de liquidité. Le fonds euros garantit ; la SCPI ne garantit rien.
Les erreurs à éviter avant de souscrire
Première erreur : croire que le 3% est acquis sur l’année pleine quel que soit le moment du versement. Le prorata temporis s’applique. Verser en décembre 2026 revient à ne toucher le taux que sur une fraction de l’année. Pour capter le rendement maximal dès 2026, mieux vaut positionner ses versements en début de fenêtre.
Deuxième erreur : ignorer le rôle des frais du contrat au-delà des frais de gestion du fonds. Un fonds euros à 3% net de frais de gestion de l’assureur peut voir son rendement effectif amputé par les frais d’arbitrage, les frais sur versement ou les frais du contrat d’assurance-vie qui l’héberge. Il faut lire l’ensemble de la grille tarifaire, pas seulement le taux vitrine. L’article de Goodvest étant présenté comme sponsorisé, la vigilance sur les conditions réelles s’impose d’autant plus.
Troisième erreur : arbitrer la totalité de son épargne vers un fonds euros au prétexte d’un taux boosté temporaire. Un plancher de 3% garanti sur deux exercices reste une opération de collecte. À l’échéance de l’engagement, fin 2027, le taux servi redeviendra celui du marché, sans garantie de plancher. Concentrer toute son allocation sur ce seul support fait perdre la diversification et le potentiel des unités de compte sur le long terme.
Notre analyse : un bon produit de sécurité, pas une martingale
Vertessima coche des cases intéressantes. Un plancher de 3% net de frais de gestion garanti par un assureur du poids de Generali sur deux exercices, c’est un argument solide dans l’univers des fonds euros, au-dessus de la moyenne de marché de 2,63%. L’exclusion des énergies fossiles et le reporting SFDR Article 8 répondent à une demande réelle d’épargne responsable, sans renoncer au capital garanti.
Ce qu’on dit moins souvent : le vrai gain se mesure après le prorata temporis et après prélèvements sociaux. Le taux vitrine de 3% ne se matérialise pleinement que pour qui verse tôt dans la fenêtre et détient le fonds sur l’année entière. Et l’engagement s’arrête fin 2027 : au-delà , retour au régime commun du fonds euros. C’est un produit d’appel bien construit, pas une rente perpétuelle.
La bonne place de Vertessima dans un patrimoine reste celle d’une poche de sécurité, à combiner selon l’horizon avec des supports plus dynamiques. Pour l’épargnant qui veut sécuriser une partie de son capital avec un rendement lisible sur deux ans et une cohérence extra-financière, l’offre est pertinente. Pour celui qui vise la performance longue, elle ne remplace ni les unités de compte ni une allocation diversifiée. Le rendement garanti a un prix : la modération du potentiel.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.
Fonds euros Vertessima Goodvest : l'essentiel
- 3% minimum net de frais de gestion garantis en 2026 et 2027
- Fonds géré par Generali Vie, distribué par Goodvest et Green-Got
- Versements éligibles du 15 juillet au 31 décembre 2026 inclus
- Taux servi au prorata temporis de la durée de détention
- Exclusion des énergies fossiles, reporting SFDR Article 8
- Taux moyen des fonds euros : 2,63% en 2025 selon l'ACPR

