Une maison classée F ou G peut désormais perdre 10 à 15 % de sa valeur à la revente. La performance énergétique est devenue un vrai levier de négociation.
Le marché immobilier de 2026 trie ses biens. Les maisons énergivores, mal situées ou nécessitant des travaux paient l’addition. À l’inverse, un bien rénové et bien classé se vend encore vite et au prix. Cet écart, longtemps théorique, se lit maintenant noir sur blanc dans les compromis. Pour l’investisseur, la leçon dépasse le résidentiel : la valeur d’un actif immobilier dépend de sa performance énergétique, en direct comme en pierre-papier.
La logique est la même que celle qui frappe une partie du marché SCPI depuis trois ans : quand un actif ne répond plus aux exigences du marché, sa valeur d’expertise décroche, et le prix suit.
La décote énergétique devient chiffrable
Sur un an, les prix des maisons anciennes reculent de 1,3 %, contre seulement 0,1 % pour les appartements. Ce n’est pas un mouvement uniforme. Une maison ancienne éloignée du centre, avec des travaux importants et des charges énergétiques élevées, peut facilement perdre 10 à 15 %, voire davantage quand elle cumule ces handicaps. Un classement F ou G est clairement identifié comme un facteur de négociation supplémentaire par les professionnels.
Paris illustre l’ampleur du phénomène : les logements énergivores y représentaient 65 % des ventes en 2024[2], précisément parce que leurs vendeurs consentent des décotes importantes pour trouver preneur. La réforme du DPE entrée en vigueur au 1er janvier 2026, officialisée par l’arrêté du 13 août 2025, doit faire sortir près de 850 000 logements du statut de passoire thermique[4]. Un rebond de classement peut donc réviser mécaniquement la valeur d’un bien, à la hausse cette fois.
📊 Chiffres clés
- Prix des maisons anciennes : -1,3 % sur un an contre -0,1 % pour les appartements
- Décote potentielle : 10 à 15 % pour une maison énergivore mal située
- Logements énergivores à Paris : 65 % des ventes en 2024
- Sortie du statut passoire (DPE 2026) : environ 850 000 logements concernés
Source : Capital · Investir · Syage Notaires
Performance énergétique : les enjeux patrimoniaux
Ce que vous devez faire
Si votre logement est chauffé à l’électricité et dispose d’un DPE réalisé après le 1er juillet 2021, une réédition gratuite en ligne via l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME peut améliorer son classement sans diagnostiqueur[4]. Pour un vendeur, cet arbitrage précède la mise en vente. Pour l’investisseur en pierre-papier, la vigilance porte ailleurs : la même mécanique de dépréciation frappe certaines SCPI de bureaux. L’exemple de Primopierre, dont le prix d’exécution s’est établi autour de 45 euros pour une valeur de reconstitution proche de 90 euros début 2026[3], rappelle qu’un actif immobilier mal positionné se paie une décote, quel que soit son emballage. Vérifiez le taux d’occupation, la valeur de reconstitution et l’exposition énergétique des portefeuilles avant d’investir. Le risque de perte en capital est réel, en direct comme en SCPI.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
Décote DPE 2026 : ce qu'il faut retenir
- Les maisons anciennes reculent de 1,3 % sur un an, contre -0,1 % pour les appartements.
- Une maison énergivore mal située peut perdre 10 à 15 % à la revente.
- À Paris, les logements énergivores représentaient 65 % des ventes en 2024.
- La réforme DPE 2026 fait sortir environ 850 000 logements du statut de passoire.
- Une réédition gratuite du DPE électrique est possible via l'ADEME.
Sources
3 sources · 4 faits vérifiés

