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Case 1GH : le piège que 80% des salariés oublient sur leur déclaration

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Chaque année, des centaines de milliers de salariés paient trop d’impôts en oubliant de remplir la case 1GH. En jeu : jusqu’à 7 500€ exonérés sur vos heures supplémentaires et jours de RTT monétisés en 2025.

La case 1GH de votre déclaration d’impôt 2026 (revenus 2025) n’est pas une formalité administrative de plus. C’est un dispositif fiscal qui, correctement utilisé, peut vous faire économiser plusieurs milliers d’euros d’impôt sur le revenu. Pourtant, l’administration fiscale constate que de nombreux contribuables omettent de la remplir — ou la remplissent mal, notamment en cas de multi-employeurs.

Le principe semble simple : les heures supplémentaires, heures complémentaires et jours de RTT monétisés sont exonérés d’impôt dans la limite de 7 500€ nets par an et par salarié. Mais derrière cette règle se cachent des subtilités qui peuvent transformer un avantage fiscal en déconvenue, surtout si vous cumulez plusieurs activités salariées. Décryptage d’un dispositif méconnu qui mérite toute votre attention au moment de remplir votre déclaration.

Le dispositif 2026 : un plafond unique pour deux types de revenus

L’exonération fiscale des heures supplémentaires et complémentaires n’est pas nouvelle, mais le régime actuel présente une particularité méconnue : le plafond de 7 500€ nets est commun aux heures supplémentaires ET aux jours de repos monétisés. Ce n’est pas 7 500€ pour l’un et 7 500€ pour l’autre — c’est 7 500€ au total pour les deux dispositifs cumulés.

Héberger un parent : 4 039 € de déduction fiscale… si vous évitez ces pièges

Concrètement, si vous avez perçu en 2025 à la fois 4 000€ d’heures supplémentaires et 5 000€ de RTT monétisés, vous avez dépassé le plafond de 1 500€. Cette fraction excédentaire sera automatiquement réintégrée dans votre revenu imposable lors du traitement de votre déclaration. L’administration fiscale effectue ce calcul elle-même — mais encore faut-il que vous ayez correctement déclaré ces montants en case 1GH (ou 1HH, 1IH, 1JH selon votre situation familiale).

Le montant à déclarer est exprimé en net imposable, ce qui correspond généralement à environ 80% du montant brut. L’administration fiscale précise que le plafond de 7 500€ nets correspond à un plafond brut de 8 037€. Point important : aucune proratisation n’est effectuée en fonction de la durée d’activité. Que vous ayez travaillé toute l’année ou seulement six mois, que vous soyez à temps plein ou à temps partiel, le plafond reste identique : 7 500€ nets.

Pour les heures supplémentaires et complémentaires, l’exonération couvre la rémunération de ces heures ainsi que les majorations de salaire associées, dans la limite des taux prévus par la convention collective applicable ou, à défaut, dans la limite des taux légaux. Concernant la monétisation des jours de repos, le dispositif prolongé jusqu’au 31 décembre 2025 permet aux salariés qui le souhaitent, en accord avec leur employeur, de renoncer à leurs journées ou demi-journées de repos acquises (congés ou RTT) en échange d’une majoration de salaire exonérée dans les mêmes limites.

Le piège des multi-employeurs que personne ne vous explique

Voici où le système devient pervers : si vous avez travaillé pour plusieurs employeurs en 2025, chacun d’eux a appliqué le plafond de 7 500€ de son côté. Résultat : vous pouvez vous retrouver avec 6 000€ d’heures supplémentaires exonérées chez l’employeur A et 5 000€ chez l’employeur B, soit 11 000€ au total pré-déclaré sur votre feuille d’impôt — alors que le plafond réel est de 7 500€.

Case 1GH : cette ligne oubliée par 6 salariés sur 10 peut annuler 7 500 € d’impôts

L’administration fiscale corrigera automatiquement lors du traitement de votre déclaration, mais cette correction peut créer de mauvaises surprises. Dans l’exemple ci-dessus, 3 500€ seront réintégrés dans vos revenus imposables. Si vous êtes dans une tranche marginale d’imposition à 30%, cela représente environ 1 050€ d’impôt supplémentaire que vous n’aviez peut-être pas anticipé.

La notice officielle de l’administration fiscale est claire sur ce point : “Si vous avez plusieurs employeurs pour lesquels vous avez effectué des heures supplémentaires, chacun de vos employeurs a déterminé le montant des heures exonérées en appliquant un plafond de 7 500€ alors que ce plafond s’applique à l’ensemble des heures supplémentaires ou complémentaires que vous avez perçues en 2025.” Le montant prérempli dans votre déclaration correspond donc aux heures considérées comme exonérées par chacun de vos employeurs — mais pas nécessairement au montant réellement exonéré après application du plafond unique.

Cette situation concerne particulièrement les cadres en forfait jours qui cumulent une activité salariée principale avec du conseil indépendant facturé via un portage salarial, les enseignants qui donnent des cours particuliers via des organismes déclarants, ou encore les salariés qui ont changé d’employeur en cours d’année. Dans tous ces cas, la vigilance s’impose : vérifiez que le total déclaré en case 1GH ne dépasse pas 7 500€, ou anticipez la régularisation fiscale qui interviendra.

Exemple chiffré : impact fiscal selon votre situation
Situation Heures sup nettes RTT monétisés nets Total déclaré 1GH Montant exonéré Montant imposable
Salarié simple employeur 5 000€ 0€ 5 000€ 5 000€ 0€
Salarié avec RTT 4 000€ 2 000€ 6 000€ 6 000€ 0€
Dépassement du plafond 6 000€ 3 500€ 9 500€ 7 500€ 2 000€
Multi-employeurs (piège) 6 000€ + 5 000€ 0€ 11 000€ 7 500€ 3 500€

Ce que la case 1GH change vraiment pour votre patrimoine

Parlons chiffres concrets. Un salarié dans la tranche marginale d’imposition à 30% qui oublie de déclarer 5 000€ d’heures supplémentaires en case 1GH paiera environ 1 500€ d’impôt sur le revenu en trop, auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux (9,7% de CSG-CRDS sur le revenu fiscal de référence). Sur un foyer dont le revenu fiscal de référence conditionne l’accès à certaines aides ou exonérations, l’impact peut être encore plus important.

Inversement, un contribuable qui maximise l’utilisation de ce dispositif peut significativement améliorer son rendement horaire réel. Prenons le cas d’un cadre imposé à 41% (tranche marginale) qui effectue 200 heures supplémentaires majorées à 25% : sans l’exonération, le gain net après impôt d’une heure supplémentaire payée 50€ brut est d’environ 20€. Avec l’exonération (dans la limite du plafond), ce gain monte à 34€ — soit 70% de plus.

L’exonération a également un effet sur le revenu fiscal de référence (RFR), ce qui peut paraître contre-intuitif. Les montants déclarés en case 1GH sont bien exonérés d’impôt sur le revenu, mais ils sont tout de même comptabilisés dans le calcul du RFR. Cette nuance est cruciale car le RFR sert de base pour déterminer l’éligibilité à de nombreux dispositifs : exonération de taxe d’habitation sur la résidence secondaire (pour les RFR les plus modestes dans certaines communes), tarifs de cantine scolaire, aides au logement, etc.

Pour les stratégies patrimoniales de moyen terme, ce détail compte. Si votre RFR 2025 vous place juste au-dessus d’un seuil d’éligibilité pour une aide en 2027, il peut être pertinent d’éviter de monétiser tous vos jours de RTT la même année. Mieux vaut parfois lisser dans le temps plutôt que de concentrer 7 500€ d’exonération sur une seule année — sauf bien sûr si vous en avez un besoin de trésorerie immédiat ou si le dispositif risque de disparaître (ce qui fait l’objet de débats récurrents lors de chaque loi de finances).

Mode d’emploi : comment remplir correctement votre déclaration

Première étape : vérifiez votre déclaration pré-remplie. Depuis 2019, les employeurs transmettent automatiquement à l’administration fiscale les montants d’heures supplémentaires et complémentaires exonérées via la DSN (déclaration sociale nominative). Ces montants apparaissent normalement pré-remplis en case 1GH. Mais “normalement” ne signifie pas “systématiquement” : erreurs de saisie, changements d’employeur, situations particulières peuvent générer des inexactitudes.

Comparez le montant pré-rempli avec vos bulletins de paie 2025. Cherchez la ligne correspondant aux heures supplémentaires ou complémentaires, ainsi qu’aux éventuels jours de RTT monétisés. Ces éléments doivent être clairement identifiés sur votre fiche de paie. Si un écart apparaît, corrigez le montant pré-rempli : vous avez le droit et le devoir de rectifier les informations inexactes, même si elles proviennent d’une déclaration pré-remplie.

Point de vigilance pour les couples : les cases sont distinctes selon le déclarant. La case 1GH concerne le déclarant 1, la case 1HH le déclarant 2. Si vous déclarez des personnes à charge (enfants majeurs rattachés par exemple), les cases 1IH et 1JH sont prévues pour eux. Chaque personne dispose de son propre plafond de 7 500€ — un couple peut donc théoriquement exonérer jusqu’à 15 000€ d’heures supplémentaires au total (7 500€ chacun).

Dernier point technique souvent mal compris : si vous ne percevez plus en 2026 de revenus salariés donnant lieu au prélèvement à la source (parce que vous êtes passé en profession libérale, que vous avez pris votre retraite, etc.), pensez à cocher les cases 1GK, 1GL, 1GP ou 1GQ de la déclaration complémentaire 2042 C. Cette action permet d’éviter que vos revenus 2025 ne soient retenus pour le calcul des acomptes de prélèvement à la source à partir de septembre 2026 — acomptes qui seraient alors totalement décalés par rapport à votre situation réelle.

Les erreurs que commettent même les salariés avertis

Erreur n°1 : Confondre brut et net. Le plafond de 7 500€ s’exprime en net imposable, pas en brut. Sur votre bulletin de paie, les heures supplémentaires apparaissent en brut. Il faut retenir environ 80% de ce montant pour obtenir le net imposable — ou vous référer à la ligne spécifique “net imposable” de votre fiche de paie. Déclarer 7 500€ alors que vous avez perçu 7 500€ bruts (soit environ 6 000€ nets) revient à surévaluer votre exonération et à sous-estimer votre impôt.

Erreur n°2 : Additionner automatiquement tous les montants sans vérifier le plafond. L’administration corrigera, certes, mais vous vous exposez à une régularisation désagréable. Si vous savez dès la déclaration que vous dépassez 7 500€ (par exemple avec plusieurs employeurs), vous pouvez anticiper en ne déclarant que 7 500€ en case 1GH et en intégrant le surplus directement dans votre salaire imposable case 1AJ. Cela vous donne une vision plus réaliste de votre situation fiscale et évite les mauvaises surprises en septembre lors de la révision du taux de prélèvement à la source.

Erreur n°3 : Oublier les RTT monétisés. Beaucoup de salariés pensent “case 1GH = heures sup” et oublient d’y inclure leurs jours de RTT transformés en salaire. Pourtant, le dispositif est identique et le plafond commun. Si votre employeur a correctement déclaré ces montants via la DSN, ils apparaîtront pré-remplis. Mais en cas d’accord individuel de dernière minute ou de situation atypique, vérifiez que ces sommes figurent bien en case 1GH et pas uniquement dans votre salaire de base.

Notre analyse : un dispositif sous surveillance qu’il faut utiliser tant qu’il existe

Soyons francs : l’exonération des heures supplémentaires est un totem politique plus qu’une mesure d’optimisation patrimoniale structurelle. Instaurée en 2019, elle a été maintenue et même étendue (avec l’ajout des RTT monétisés en 2022), mais elle coûte cher au budget de l’État — environ 5 milliards d’euros par an selon les estimations de Bercy. À chaque loi de finances, la question de son maintien, de sa réduction ou de sa suppression revient sur la table.

D’un point de vue patrimonial, ce dispositif présente un intérêt inégal selon votre profil. Pour les hauts revenus dans les tranches marginales à 41% ou 45%, l’effet de levier fiscal est maximum : chaque euro d’heure supplémentaire exonérée représente une économie de 41 à 45 centimes d’impôt. Pour les contribuables non imposables ou faiblement imposés, l’exonération n’apporte… rien du tout, puisqu’ils n’auraient de toute façon pas payé d’impôt sur ces revenus.

Cette répartition inégalitaire de l’avantage fiscal explique en partie les critiques récurrentes dont le dispositif fait l’objet. Mais en tant que contribuable, ce n’est pas votre problème : si la loi vous offre une exonération légale, il serait absurde de ne pas en profiter. La vraie question est de savoir jusqu’à quand ce régime perdurera. Les salariés qui peuvent arbitrer entre heures supplémentaires, RTT pris ou RTT monétisés ont donc intérêt à ne pas attendre indéfiniment pour utiliser ce plafond annuel de 7 500€.

Dernière observation : la case 1GH illustre parfaitement le décalage entre complexité administrative et efficacité fiscale. Le dispositif est simple dans son principe (exonération plafonnée), mais sa mise en œuvre pratique — plafond commun multi-dispositifs, gestion des multi-employeurs, impact sur le RFR — en fait un casse-tête pour de nombreux contribuables. Résultat : une partie significative des bénéficiaires potentiels ne l’utilise pas correctement, voire pas du tout. Dans un système fiscal rationnel, un avantage aussi massif (jusqu’à 3 000€ d’économie d’impôt pour un contribuable à 41% utilisant tout le plafond) devrait être automatique et transparent. Qu’il nécessite encore en 2026 une vigilance particulière et une vérification manuelle de sa déclaration pré-remplie en dit long sur les limites de la simplification fiscale annoncée.

📌 À retenir

  • Plafond unique de 7 500€ nets pour les heures supplémentaires ET les jours de RTT monétisés — pas de double plafond
  • Multi-employeurs = piège potentiel : chaque employeur applique le plafond, mais vous ne pouvez exonérer que 7 500€ au total, la différence sera imposée
  • Vérifiez systématiquement la case 1GH pré-remplie : erreurs de DSN, situations atypiques et changements d’employeur peuvent générer des inexactitudes
  • Le montant est retenu dans le RFR même s’il est exonéré d’impôt — impact sur l’éligibilité à certaines aides sociales et fiscales
  • Économie maximale pour les hauts revenus : jusqu’à 3 000€ d’impôt en moins pour un contribuable à 41% utilisant tout le plafond, mais quasi-aucun avantage pour les non-imposables

🐦 Ce qu’en disent les experts

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

Astrid
Astrid
Titulaire d’un master d’économie et d’une licence d’Histoire, Astrid supervise l’ensemble des services de rédaction

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