Le gouvernement voulait remplacer l’abattement de 10% sur les pensions par un forfait de 2000€. Le Sénat propose plutôt un plafond à 3000€. Pendant ce temps, le PER échappe à deux menaces fiscales.
Depuis novembre 2025, l’abattement fiscal des retraités change de forme tous les quinze jours. Version initiale du Budget 2026 : suppression de l’abattement proportionnel de 10% (plafonné à 4399€ par foyer) au profit d’un forfait fixe de 2000€ par membre du foyer fiscal. Objectif affiché : cibler les dispositifs sur les retraités modestes. Objectif réel : économiser 1,2 milliard d’euros. Le Sénat a contre-attaqué avec une autre formule : conserver l’abattement de 10%, mais le réserver aux pensions inférieures à 3000€ par mois. Au-delà, rien. Le texte n’est pas définitivement adopté — mais la direction est claire. Les pensions élevées paieront plus d’impôt en 2026, quelle que soit la version retenue.
Qui gagne, qui perd avec le forfait de 2000€
Avec le système actuel, un célibataire qui perçoit 30000€ de pension annuelle bénéficie d’un abattement de 3000€ (10% de 30000€). Avec le forfait à 2000€, il perd 1000€ de déduction — soit environ 300€ d’impôt supplémentaire selon sa tranche marginale. À l’inverse, un retraité touchant 18000€ par an ne profite aujourd’hui que d’un abattement de 1800€. Le forfait à 2000€ le fait gagner 200€ de déduction.
Le seuil de neutralité se situe autour de 20000€ de pension annuelle pour un célibataire, 40000€ pour un couple. En dessous, le forfait est plus avantageux. Au-dessus, la facture grimpe. Selon Capital, certains ménages de retraités aisés pourraient payer plusieurs centaines d’euros d’impôt en plus. Le gouvernement assume : l’abattement actuel bénéficie « principalement aux foyers fiscaux imposables », dans un contexte de finances publiques dégradées.
Le PER sort renforcé du débat budgétaire
Pendant que les retraités actuels subissent le rabot fiscal, les futurs retraités récupèrent deux bonnes nouvelles. Un amendement socialiste voulait rendre obligatoire la clôture du PER à l’âge de la retraite, pour empêcher les stratégies de transmission fiscalement optimisées. Rejeté. Le PER conserve sa souplesse : vous pouvez le garder jusqu’à votre décès et le transmettre dans des conditions avantageuses.
Deuxième victoire : le plafond de déduction fiscale du PER devient plus flexible pour ceux qui commencent tard. Selon la DREES, 29% des nouveaux titulaires d’un PER ont plus de 50 ans. La députée Félicie Gérard l’a dit clairement lors des débats : « Beaucoup de jeunes actifs n’ont pas la capacité financière d’épargner tôt. Cet assouplissement leur permettra de rattraper les années perdues. » Traduction : si vous ouvrez un PER à 52 ans, vous pourrez verser davantage les premières années pour compenser le retard — et déduire davantage de votre revenu imposable.
Ce que vous devez faire maintenant
Si vous êtes retraité avec une pension supérieure à 20000€ (célibataire) ou 40000€ (couple), calculez l’impact du nouveau forfait sur votre imposition 2027. L’écart peut atteindre 300 à 500€ selon votre tranche marginale. Si vous êtes encore actif et que vous cotisez tard à un PER, profitez de l’assouplissement des plafonds pour maximiser vos versements déductibles en 2026. Enfin, si vous aviez prévu de liquider votre PER dès la retraite par prudence fiscale, vous pouvez désormais le conserver : l’obligation de clôture est définitivement écartée.
📊 Chiffres clés
- Revalorisation des pensions au 1er janvier 2026 : +0,9%
- Hausse moyenne par retraité : 14€ par mois
- Seuil de neutralité du forfait à 2000€ : 20000€/an (célibataire), 40000€/an (couple)
- Économie budgétaire visée : 1,2 milliard d’euros
- Part des nouveaux titulaires PER de +50 ans : 29%
🐦 Ce qu’en disent les experts
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