La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs de 0,25 point le 11 juin 2026, premier resserrement depuis 2023. Les établissements bancaires n’ont pas répercuté immédiatement cette hausse, mais les observateurs anticipent une remontée progressive des barèmes d’ici la fin de l’année.
Les taux de crédit immobilier se stabilisent en juin 2026, à 3,30 % sur quinze ans, 3,50 % sur vingt ans et 3,60 % sur vingt-cinq ans, selon le réseau de courtage Vousfinancer. Cette situation contraste avec la brutalité de la crise de 2022, où les taux avaient bondi de près de 2 points en quelques mois. Pour l’instant, les banques absorbent le choc : elles conservent une politique commerciale offensive pour capter des emprunteurs avant la trêve estivale.
Taux moyens observés en juin 2026
- 15 ans : 3,30 %
- 20 ans : 3,50 %
- 25 ans : 3,60 %
- Durée moyenne d’emprunt : 21 ans
Source : BFMTV (Vousfinancer) · Le Revenu (Observatoire Crédit Logement-CSA)
Les banques temporisent, le second semestre s’annonce tendu
L’impact immédiat de la décision de Francfort reste modéré. Julien Langlade, président du réseau de courtage Cafpi, souligne que les marchés ont déjà anticipé cette hausse avec de premières légères remontées des taux depuis le début de l’année. Julie Bachet, directrice générale de Vousfinancer, va plus loin : « Les banques devraient limiter les répercussions de la hausse des taux de la BCE car en ce mois de juin, elles conservent une politique commerciale offensive pour capter des emprunteurs avant la trêve estivale. » Reste que cette accalmie ne préjuge pas des barèmes de juillet. La décision enclenche un cycle de resserrement après un an de stabilité, avec des effets à attendre sur la capacité d’emprunt des ménages d’ici le second semestre 2026.
Le taux auquel l’État français emprunte à dix ans, l’OAT 10 ans, détermine en large partie le niveau des crédits immobiliers. Ce taux remonte sous l’effet des tensions géopolitiques mondiales et du rebond de l’inflation observé au printemps 2026, à 2,5 % en France. Si les banques répercutaient l’ensemble de la hausse des taux directeurs, les taux moyens pourraient atteindre 3,75 % d’ici la fin de l’année, selon les projections du courtier en ligne Pretto.
Volume de crédit en baisse, intentions d’achat au plus bas depuis 1989
Le marché donne des signes de fragilité. En avril 2026, le volume de nouveaux crédits immobiliers souscrits en France s’élève à 12 milliards d’euros, en baisse de 4,8 % par rapport à mars. Ce volume s’élevait encore à 13,2 milliards en octobre 2025, un mois habituellement plus creux. L’Observatoire des crédits aux ménages pointe un indicateur inquiétant : les intentions des ménages de souscrire à un nouveau crédit immobilier au premier semestre 2026 atteignent 2,8 %, le plus bas niveau depuis la création de l’observatoire en 1989. La moyenne s’établit à 4,6 % depuis le début des années 2000.
Cette situation intervient alors que les prix immobiliers restent encore élevés dans de nombreuses agglomérations françaises. L’indice des prix immobiliers de l’INSEE affichait une baisse de 4,7 % sur un an au troisième trimestre 2024, mais la correction reste insuffisante pour compenser la hausse du coût du crédit. Le volume de transactions s’établit à environ 800 000 en 2024, contre 1,1 million en 2022. Or, quelques dixièmes de point supplémentaires sur des durées de vingt à vingt-cinq ans peuvent représenter plusieurs milliers d’euros de coût additionnel sur l’ensemble du crédit.
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À titre de comparaison, la Banque centrale européenne a maintenu ses taux inchangés le 19 mars 2026, invoquant les incertitudes liées à la guerre au Moyen-Orient et l’impact des prix de l’énergie sur l’inflation à moyen terme. Le resserrement de juin marque donc un tournant dans la politique monétaire de la zone euro, après une période prolongée de soutien à l’économie.
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