Les frais de gestion sur les placements financiers poursuivent leur décrue en 2026, selon l’Observatoire de l’épargne de l’AMF. Dans le même temps, les taux du Livret A et du LEP reculent à compter du 1er février.
Les épargnants français bénéficient d’une double évolution : d’un côté, les frais prélevés sur les fonds d’investissement et les contrats d’assurance-vie continuent de baisser, d’après la dernière lettre de l’Autorité des marchés financiers. De l’autre, la rémunération des livrets réglementés diminue pour s’ajuster à l’inflation. L’arbitrage entre supports garantis et placements risqués devient plus serré.
Fonds actions, diversifiés et ETF : les frais reculent
L’AMF observe une tendance à la baisse sur l’ensemble des catégories de fonds commercialisés en France. Les fonds actions, les fonds diversifiés et les ETF affichent des frais de gestion en repli par rapport aux années précédentes. Cette évolution profite directement aux détenteurs de contrats d’assurance-vie en unités de compte et aux investisseurs en compte-titres ou PEA.
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Les unités de compte dans l’assurance-vie ont d’ailleurs confirmé leur rebond en 2025, avec un rendement moyen de 5,5 % sur l’année, porté par la hausse des marchés boursiers. Sur cinq ans, les ETF dominent nettement le classement des supports non garantis. Mais la vraie performance nette, c’est celle qui reste après frais. Un fonds actions facturant 1,8 % par an au lieu de 2,2 % il y a trois ans, c’est 0,4 point de performance supplémentaire chaque année.
Le défi reste la lisibilité. Beaucoup d’épargnants ne savent pas exactement ce qu’ils paient : frais de gestion du contrat, frais du fonds sous-jacent, frais d’arbitrage. L’AMF appelle à une clarté renforcée sur ce qui est réellement facturé. Un bon réflexe : demander à votre assureur ou gestionnaire le détail complet des frais avant de souscrire ou d’arbitrer.
Livret A à 1,2 %, LEP à 2,5 % dès le 1er février 2026
Les taux des livrets réglementés baissent à nouveau. Selon le ministère de l’Économie et des Finances, le Livret A passe de 1,7 % à 1,2 % à compter du 1er février 2026. Le Livret d’épargne populaire (LEP) recule de 2,7 % à 2,5 %. Ces deux produits avaient déjà subi deux baisses successives en février puis en août 2025.
Taux des livrets réglementés au 1er février 2026
- Livret A : 1,2 %
- LEP : 2,5 %
- LDDS : 1,2 %
- Livret Jeune : 1,2 % (minimum garanti)
Source : Service Public
Le LEP conserve un avantage grâce au « coup de pouce » décidé par la Banque de France. Sans cet ajustement, le taux réglementaire aurait dû tomber à 1,9 %. Le gouverneur de la Banque de France justifie ce soutien par les conditions d’éligibilité strictes du LEP, qui en font le véritable support de l’épargne populaire.
Pour les titulaires d’un LEP, ce taux de 2,5 % reste le meilleur rendement garanti disponible sans risque en 2026. Le plafond de versement est fixé à 10 000 euros, et l’éligibilité dépend du revenu fiscal de référence. Un couple avec deux enfants peut en bénéficier si son revenu fiscal de référence ne dépasse pas environ 30 000 euros, selon les plafonds en vigueur.
Fonds euros d’assurance-vie : 2,63 % en moyenne en 2024, quelle perspective pour 2026
Les fonds euros des contrats d’assurance-vie individuels ont affiché un rendement moyen de 2,63 % net de frais de gestion sur encours et avant prélèvements sociaux en 2024, selon l’ACPR. C’est une hausse de 3 points de base par rapport à 2023 (2,60 %).
Avec la baisse des taux longs et le recul des rendements obligataires, les assureurs peinent à maintenir ce niveau de performance. Les nouveaux contrats imposent de plus en plus un adossement en unités de compte : 20 %, 30 %, parfois 50 % minimum. L’accès à un fonds euros pur à 100 % devient rare.
L’arbitrage ici : un fonds euros à 2,6 % net de frais de gestion, c’est environ 2,2 % après prélèvements sociaux de 17,2 %. Un Livret A à 1,2 %, c’est 1,2 % net d’impôt (exonération totale). Le fonds euros garde l’avantage en rendement, mais il faut accepter l’illiquidité relative (délai de rachat) et souvent une part d’unités de compte.
Pour un épargnant de 55 ans avec 150 000 euros à placer, une répartition 70 % fonds euros, 30 % unités de compte (ETF actions monde) permet de viser 3 % à 4 % net sur cinq ans, tout en conservant la garantie partielle du capital. Mais l’essentiel reste la transparence des frais : entre un contrat en ligne à 0,5 % de frais de gestion annuels et un contrat bancaire traditionnel à 1 %, l’écart peut représenter 7 500 euros sur dix ans pour un capital de 150 000 euros.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
