Violences conjugales : un agent immobilier condamné à 18 mois avec sursis après avoir étranglé sa compagne

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Un ancien agent immobilier de Cahors a été condamné à 18 mois de sursis probatoire après avoir étranglé sa compagne sous les yeux de trois policiers venus escorter la victime pour récupérer son chien.

L’affaire, jugée au tribunal de Cahors le 5 mai 2026, illustre l’engrenage des violences conjugales récidivantes dans un contexte d’alcoolisme. G.P., la victime, avait demandé une escorte policière pour récupérer son animal chez son ex-compagnon, redoutant sa réaction. Trois agents se sont déplacés. Sur place, l’homme s’est enfermé chez lui avant de refermer brutalement son bras autour du cou de sa compagne alors qu’elle tentait de sortir avec le chien. Les policiers ont dû pénétrer dans l’appartement pour l’en extraire. S’en est suivi un déluge de menaces : « Je vais vous retrouver, j’ai une kalachnikov, gardez vos gilets pare-balles », « Je vous reconnaîtrai dans les magasins avec vos femmes et vos enfants ». Toute la scène, y compris l’étranglement, a été captée par les caméras piétons diffusées lors de l’audience.

Une récidive aggravée par un suivi inexistant

Le prévenu était en sursis probatoire depuis 2024. Selon la procureure, il n’a pratiquement pas respecté les obligations de ce sursis. Lors de la perquisition, plusieurs couteaux ont été retrouvés à son domicile. Le parquet a souligné que la présence de trois policiers n’avait pas suffi à retenir le geste violent. La procureure a requis 15 mois d’emprisonnement ferme avec maintien en détention, une révocation partielle du sursis antérieur, et une interdiction de contact avec la victime pendant deux ans. Le tribunal a finalement prononcé 18 mois de sursis probatoire, assortis de l’interdiction de contact.

La victime, malgré les images accablantes et les violences subies, a plaidé pour la compréhension à l’audience. Une posture fréquente dans les affaires de violences conjugales, où l’emprise psychologique persiste au-delà de la séparation. L’avocat du prévenu, maître Guillaume Gombart, a tenté de contextualiser la dérive de son client par l’alcoolisme et l’isolement social.

Ce que révèle cette affaire pour les professionnels de l’immobilier

Si le métier d’agent immobilier n’est pas en cause dans cette affaire strictement pénale, elle pose la question de la détection des signaux de détresse chez les professionnels indépendants. L’ancien agent exerçait seul, sans structure encadrante. L’isolement professionnel, couplé à une dépendance à l’alcool, a contribué à la spirale de violence. Les réseaux d’agences, les chambres professionnelles et les organismes de prévoyance des indépendants doivent intégrer des dispositifs d’alerte et d’accompagnement psychologique. En France, 94 000 femmes sont victimes de violences conjugales chaque année. Les auteurs de ces violences exercent tous types de professions, y compris des métiers à responsabilité en contact avec le public.

Pour les victimes, même munies d’une escorte policière, le risque de passage à l’acte reste réel. L’ordonnance de protection, délivrée par le juge aux affaires familiales, permet d’interdire à l’auteur de violences d’approcher la victime. Elle est obtenue en quelques jours sur simple dépôt de plainte ou signalement. Les associations comme la Fédération nationale solidarité femmes (3919, appel gratuit et anonyme) accompagnent les victimes dans ces démarches. La mise à l’abri en urgence est possible via le 17 ou le 115.

Les sanctions encourues en cas de violences conjugales

Les violences conjugales, lorsqu’elles entraînent une incapacité totale de travail inférieure ou égale à 8 jours, sont punies de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Si elles sont commises devant un enfant mineur, les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. En cas de récidive, comme dans cette affaire, les peines peuvent être aggravées. Le sursis probatoire impose un suivi socio-judiciaire, une obligation de soins, une interdiction de contact et parfois le port d’un bracelet anti-rapprochement. Le non-respect de ces obligations entraîne la révocation du sursis et l’incarcération immédiate.

Les menaces de mort, même sans passage à l’acte, constituent un délit distinct passible de trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Les menaces proférées contre des agents de police dans l’exercice de leurs fonctions sont passibles de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Les caméras piétons, déployées massivement dans les forces de l’ordre depuis 2023, constituent des preuves irréfutables lors des procès. Dans cette affaire, elles ont permis d’objectiver à la fois l’étranglement et les menaces, laissant peu de marge à la contestation.

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