Les holdings patrimoniales abritant de l’or physique, des œuvres d’art ou des biens immobiliers mis à disposition gratuitement des associés devront s’acquitter d’une taxe annuelle de 20 % dès 2026.
La loi de finances 2026, adoptée en février, introduit un dispositif inédit ciblant les « cash boxes » — ces sociétés holdings accumulant des actifs non affectés à une activité économique réelle. Profondément remanié par rapport au projet initial d’octobre 2025 qui prévoyait un taux de 2 % sur une assiette large incluant la trésorerie, le texte définitif retient un taux de 20 % appliqué sur une base beaucoup plus restreinte. Rendement escompté : 1,5 milliard d’euros par an.
Ce qui entre dans le viseur du fisc
Les métaux précieux physiques constituent la première cible. Or en lingots, pièces d’or détenues par la holding : tout entre dans l’assiette taxable. En revanche, les produits financiers indexés sur l’or (ETF or, trackers) pourraient être exclus selon les commentaires attendus de l’administration fiscale — un arbitrage qui changera tout pour les holdings diversifiées.
L’immobilier à disposition gratuite ou sous-évalué représente le second pilier de cette taxe. Vous détenez via votre holding une résidence secondaire en Provence que vous utilisez sans verser de loyer au prix du marché ? La valeur de ce bien entre dans la base imposable. Idem si vous facturez un loyer symbolique à vous-même ou vos proches.
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Les biens somptuaires — la même liste que celle désormais exclue du Pacte Dutreil — complètent le dispositif : œuvres d’art, chevaux de course, yachts, voitures de collection détenus par la structure.
Point crucial : la trésorerie d’entreprise est expressément exclue. Votre holding opérationnelle qui conserve 2 millions de cash pour gérer ses filiales ou préparer des acquisitions n’est pas concernée.
Ce que vous devez faire avant le 31 décembre 2026
La taxe s’applique aux exercices clos à compter du 31 décembre 2026. Vous disposez donc de plusieurs mois pour arbitrer. Trois options s’offrent à vous :
1. Sortir les actifs visés de la holding — distribuer l’or physique, revendre les biens somptuaires, céder l’immobilier non professionnel. Attention aux impacts fiscaux de ces opérations (plus-values, droits d’enregistrement).
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2. Régulariser les situations d’usage gratuit — établir un bail au prix du marché pour la résidence mise à disposition, facturer un loyer conforme aux valeurs locatives.
3. Basculer vers des supports financiers non taxés — remplacer l’or physique par des ETF or (sous réserve de confirmation administrative), transformer les actifs somptuaires en liquidités réinvesties dans l’économie productive.
Nicolo Acquari, directeur de l’ingénierie patrimoniale de Mirabaud France, le confirme : « Les dirigeants ont le temps de procéder à des arbitrages si nécessaire. » Mais ce temps est compté.
📊 Chiffres clés
- Taux de la taxe holdings : 20 %
- Rendement attendu : 1,5 milliard € par an
- Première échéance : exercices clos au 31/12/2026
- Actifs visés : métaux précieux physiques, immobilier à disposition gratuite, biens somptuaires
- Actifs exclus : trésorerie d’entreprise, probablement ETF or (confirmation attendue)
🐦 Ce qu’en disent les experts
Bonjour M. @SebLecornu, votre proposition de « taxe sur le patrimoine financier » ne risque pas de répondre à la demande de justice fiscale des Français : elle va préserver le privilège fiscal des milliardaires.
Voici pourquoi 🧵 pic.twitter.com/CAUjApGQDX
— Gabriel Zucman (@gabriel_zucman) October 3, 2025
Beaucoup de mensonges dans cette vidéo.
1) La taxe Zucman N’EST PAS une taxe de 2% sur le patrimoine. C’est un dispositif visant à s’assurer que le total des impôts payés par les personnes qui détiennent plus de 100 millions d’euros de patrimoine correspondent à au moins 2% du…
— Manuel Bompard (@mbompard) September 17, 2025
Impôts : une « taxe Zucman » sur les sociétés soumises à l'IS dans le projet de Budget 2026 https://t.co/x1zszAILQs
— Les Echos (@LesEchos) October 10, 2025
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.

