Deux fintechs françaises se disputent le marché de l’assurance-vie en gestion pilotée : Ramify et Nalo. Même ticket d’entrée de 1 000 euros, mêmes frais d’entrée nuls, même promesse de portefeuilles sur mesure. Mais derrière cette apparente égalité se cache un écart de performance qui, sur vingt ans, change tout pour votre patrimoine.
Le fonds euros de votre banque a versé un rendement médiocre pendant une décennie. Les contrats bancaires classiques prélèvent encore des frais sur versement de 2 %, 3 %, parfois 5 %. Face à ce constat, une génération de fintechs a construit des assurances-vie en gestion pilotée, sans frais d’entrée et avec des allocations pilotées par des algorithmes. Ramify et Nalo font partie des plus visibles.
La vraie question n’est pas de savoir laquelle est la moins chère. C’est de savoir laquelle sert le mieux votre horizon de placement. Un épargnant de 40 ans qui verse 100 euros par mois pendant vingt ans ne raisonne pas comme un retraité qui sécurise son capital. Au-delà du gain immédiat, l’intérêt d’une assurance-vie se joue sur la durée, dans la performance nette de frais et dans la transmission. Voici ce que le comparatif révèle vraiment.
Nalo et Ramify : deux modèles, un même ticket d’entrée
Nalo est une société par actions simplifiée créée le 12 février 2016, dont le siège est situé 10 rue de Penthièvre à Paris. L’entreprise emploie douze personnes et reste dirigée par Clément Nouvet, président de la SAS, aux côtés de Germain Vaillant de Guélis, directeur général, et de Philippe Olivier Barret à la présidence du conseil de surveillance. Une structure légère, typique d’une fintech qui délègue l’assurance à un partenaire.
Le contrat Nalo Patrimoine est assuré par Generali. Ramify, de son côté, s’appuie sur Apicil, avec Generali en second assureur lorsque le portefeuille contient des SCPI[5]. Cette architecture n’est pas anecdotique. L’assureur détient le fonds euros, garantit le capital et conditionne une partie de la solidité du contrat sur le long terme.
Les deux acteurs demandent un versement initial de 1 000 euros[1]. Ce n’est pas un frais, mais le seuil d’ouverture du contrat. C’est un montant raisonnable pour une gestion pilotée, sans être symbolique. Ces solutions visent des épargnants prêts à investir sérieusement, pas des curieux qui testent avec 50 euros.
Le point commun le plus important reste l’absence de frais sur versement. Là où un contrat bancaire ponctionne une partie de votre argent avant même qu’il soit investi, Ramify et Nalo affichent 0 % de frais d’entrée, 0 % de frais d’arbitrage[3]. Chaque euro versé travaille immédiatement. C’est l’écart le plus décisif avec les contrats de guichet.
Frais annuels : l’avantage penche vers Ramify, mais nuance
Les frais annuels d’une gestion pilotée se décomposent en deux couches : les frais de gestion du contrat et les frais de gestion pilotée. Ce sont ces deux lignes qu’il faut additionner pour comparer à service équivalent. Le tableau ci-dessous synthétise la structure de frais des principales gestions pilotées en 2026.
| Contrat | Frais UC | Frais gestion pilotée | Total hors supports |
|---|---|---|---|
| Ramify | 0,5 % | 0,5 – 0,9 % (dégressif dès 100 000 €) | 1 – 1,4 % |
| Nalo | 0,45 – 0,5 % | 0,9 – 0,95 % | 1,4 % (1,35 % PER) |
| Yomoni | 0,6 % | 0,1 – 0,8 % | 0,9 – 1,4 % |
| Goodvest | 0,4 – 0,6 % | 0,9 % | 1,3 – 1,5 % |
Source : Ramify
Ramify ressort globalement plus compétitif sur le coût global[1]. L’écart n’est pas gigantesque, mais il joue en faveur de la fintech qui rend ses frais de gestion pilotée dégressifs à partir de 100 000 euros. Pour un patrimoine qui grossit avec le temps, cette dégressivité compte : plus vous accumulez, moins vous payez en pourcentage.
Nalo reste néanmoins bien positionné face aux contrats bancaires classiques, plus chers et moins transparents. La différence de frais entre les deux fintechs se mesure en dixièmes de point. Ce n’est pas là que se joue l’essentiel. Le vrai juge de paix, comme le rappellent les analystes indépendants, reste la performance nette de frais à risque comparable.
Un point mérite l’attention de l’épargnant méthodique : les frais sont certains et on peut agir dessus, la performance ne l’est jamais. Choisir le contrat le moins cher est une décision rationnelle uniquement si les performances sont équivalentes. Or elles ne le sont pas.
Ce qui change vraiment pour votre épargne
Performances 2021-2025 : l’écart qui change la donne
C’est ici que le match bascule. Sur la période 2021-2025, les performances annualisées des portefeuilles de Ramify se détachent nettement de celles de Nalo, à niveau de risque comparable. Le tableau suivant compare les rendements annualisés par profil de risque.
| Profil de risque | Ramify | Nalo |
|---|---|---|
| Risque 2/10 | 4,79 % | 1,54 % |
| Risque 5/10 | 8,37 % | 4,21 % |
| Risque 10/10 | 12,31 % | 5,47 % |
Source : Ramify
Ces chiffres sont issus des supports de Ramify, sur la base de portefeuilles types[5]. À profil offensif, l’écart dépasse six points de rendement annualisé. Sur une seule année, la différence semble abstraite. Capitalisée sur dix ou vingt ans, elle transforme radicalement le capital final. C’est la mécanique implacable des intérêts composés.
Ces performances proviennent d’un émetteur qui est aussi partie au comparatif. Les données de MoneyVox, média indépendant, confirment la tendance sans la reproduire exactement : le contrat Ramify a affiché en 2025 des performances de +2,82 % à +5,42 % selon le profil, contre une fourchette de -1 % à +5,70 % pour Nalo Patrimoine[4]. Sur cinq ans, MoneyVox situe Ramify entre +6,33 % et +14,44 %. Les performances passées ne préjugent jamais des performances futures, et un portefeuille offensif encaisse aussi des années négatives.
L’explication de cet écart tient au périmètre d’investissement. Ramify donne accès à un univers plus large : ETF, immobilier, private equity, dette privée, SCPI en direct, produits structurés[3]. Nalo se concentre sur une allocation d’ETF avec une part immobilière optionnelle. Un portefeuille plus diversifié, correctement piloté, capte davantage de moteurs de performance. C’est aussi une prise de risque à assumer.
Fonds euros et transmission : ce que le débat sur les frais oublie
Le fonds euros du contrat Nalo a versé jusqu’à 2,9 % en 2025[2], contre 2,5 % pour Ramify. Sur cette ligne précise, Nalo prend l’avantage. Pour un épargnant prudent qui privilégie la sécurité du capital, cette différence n’est pas négligeable. Le fonds euros reste le socle de sécurité de toute assurance-vie, celui qui amortit les chocs quand les marchés dévissent.
Comparer deux gestions pilotées sur les seuls frais revient à ignorer la moitié de l’équation patrimoniale. L’assurance-vie n’est pas qu’un produit d’épargne : c’est un outil de transmission. La clause bénéficiaire permet de transmettre hors succession, dans la limite de l’abattement de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. Cet avantage vaut pour Nalo comme pour Ramify, quel que soit l’assureur.
Ce qui différencie les deux contrats sur ce terrain, c’est l’accompagnement. Ramify met en avant des conseillers issus de banques d’affaires internationales, capables d’intervenir sur des enjeux de transmission, d’optimisation fiscale et de structuration[3]. Nalo, avec sa structure de douze personnes, joue davantage la carte de la simplicité algorithmique par objectifs. Deux philosophies : la banque privée digitalisée d’un côté, l’automatisation accessible de l’autre.
Un dernier levier stratégique mérite réflexion : l’antériorité fiscale. Un contrat d’assurance-vie ouvert aujourd’hui commence à faire courir son compteur fiscal. Après huit ans, les rachats bénéficient d’un abattement annuel sur les gains. Ouvrir tôt, même avec 1 000 euros, prend date. C’est un raisonnement de long terme que la comparaison des frais annuels occulte totalement.
Les erreurs à éviter avant de trancher
La première erreur consiste à choisir sur le seul critère du fonds euros ou du seul critère des frais. Un épargnant jeune, avec un horizon de vingt ans, n’a aucun intérêt à sur-pondérer un fonds euros à 2,9 %. Sa priorité est la performance des unités de compte sur la durée. À l’inverse, un épargnant proche de la retraite qui bascule tout sur un profil offensif s’expose à une année négative au pire moment.
La deuxième erreur est de se laisser guider par les offres promotionnelles. Les mois de frais offerts et les primes de bienvenue existent chez les deux acteurs[2]. Ces cadeaux d’entrée pèsent peu face à un écart de performance annualisée maintenu sur deux décennies. Un bonus ponctuel ne compense jamais un différentiel de rendement structurel.
La troisième erreur, plus subtile, est de comparer des profils qui ne se ressemblent pas. Un portefeuille Ramify à risque 10/10 n’a rien à voir avec un profil prudent Nalo. Comparer leurs performances brutes n’a aucun sens. Il faut raisonner à risque équivalent, sinon on compare des choux et des carottes. C’est précisément la rigueur qu’exige toute décision patrimoniale sérieuse.
Notre analyse : le vrai gagnant dépend de votre horizon
Ramify remporte le comparatif sur le papier : frais globalement plus compétitifs, dégressivité au-delà de 100 000 euros, univers d’investissement plus large et performances historiques supérieures à risque comparable. Pour un épargnant offensif avec un horizon long, capable d’accepter la volatilité, c’est l’option qui maximise le capital final. La diversification via SCPI et private equity n’est pas un gadget marketing : elle apporte des moteurs de rendement absents des portefeuilles 100 % ETF.
Nalo garde des atouts réels que le comparatif chiffré tend à sous-estimer. Son fonds euros a mieux performé en 2025, sa gestion par objectifs séduit les épargnants qui veulent investir sans se poser de questions, et sa simplicité rassure. Pour un profil prudent ou pour qui la lisibilité prime sur le rendement maximal, Nalo reste un choix cohérent, très loin devant les contrats bancaires.
Ce que personne ne dit clairement : le débat Ramify contre Nalo est un faux duel pour la plupart des épargnants. Les deux battent largement les contrats de guichet sur les frais et la transparence. La vraie décision n’est pas entre ces deux fintechs, mais entre une gestion pilotée moderne et l’assurance-vie poussiéreuse de votre banque. Une fois cet arbitrage tranché, le choix final se joue sur votre horizon de placement et votre tolérance au risque, pas sur un dixième de point de frais. Prenez date tôt, versez régulièrement, et laissez le temps travailler.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.
Ramify ou Nalo : l'essentiel du comparatif 2026
- Ticket d'entrée identique de 1 000 € chez Ramify et Nalo
- 0 % de frais sur versement et d'arbitrage chez les deux acteurs
- Ramify : frais totaux 1 à 1,4 %, dégressifs dès 100 000 €
- Fonds euros Nalo à 2,9 % en 2025, contre 2,5 % pour Ramify
- Ramify surperforme à risque comparable : 12,31 % contre 5,47 % à profil 10/10 sur 2021-2025
- Abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour la transmission avant 70 ans
Sources
5 sources · 10 faits vérifiés

