Le PER promet une carotte fiscale à l’entrée, mais ses frais rongent le capital là où l’assurance-vie reste plus légère. Voilà ce que les comparatifs de taux oublient de vous montrer.
Choisir entre PER et assurance-vie sur le seul rendement affiché est une erreur classique. Les deux enveloppes reposent sur des structures financières très proches, souvent le même fonds euros, les mêmes unités de compte. Ce qui creuse l’écart sur vingt ou trente ans, ce sont les frais et la fiscalité. Et sur ce terrain, le Comité consultatif du secteur financier a livré des chiffres qui méritent qu’on s’y arrête avant tout versement.
La question n’est pas « lequel rapporte le plus cette année ». Elle est : « lequel me laisse le plus de capital, net de frais et net d’impôt, au moment où j’en aurai besoin ». Sur un horizon long, chaque dixième de pourcent de frais annuel compte double.
Le PER coûte structurellement plus cher
Au titre de 2023, les frais moyens sur versements vers les fonds euros atteignaient 1,20% pour le PER contre 0,75% pour l’assurance-vie. Sur les unités de compte, l’écart se creuse encore : 1,81% pour le PER contre 0,55% pour l’assurance-vie. Le CCSF, instance liée à la Banque de France, ne donne pas d’explication définitive, mais évoque des versements moyens plus élevés en assurance-vie, ce qui permet de négocier à la baisse.
Côté fiscalité, la logique s’inverse. Le PER déduit les versements du revenu imposable, dans la limite de 37 680 euros pour 2026[1] : plus votre tranche marginale est haute, plus l’avantage à l’entrée est fort. L’assurance-vie, elle, joue sa carte après huit ans, avec un abattement annuel de 4 600 euros sur les intérêts retirés, porté à 9 200 euros pour un couple[1]. Les prélèvements sociaux s’établissent à 17,2% en assurance-vie contre 18,6% pour le PER.
📊 Chiffres clés
- Frais sur versement UC PER : 1,81% (contre 0,55% en assurance-vie)
- Frais sur versement fonds euros PER : 1,20% (contre 0,75% en assurance-vie)
- Plafond de déduction PER 2026 : 37 680 €
- Abattement assurance-vie après 8 ans : 4 600 € (9 200 € pour un couple)
- Prélèvements sociaux : 17,2% (assurance-vie) vs 18,6% (PER)
Source : MoneyVox / CCSF · MoneyVox
IFI 2026 : 7 leviers légaux pour passer sous les 1,3 million et effacer votre impôt
PER vs assurance-vie : les enjeux patrimoniaux
Ce que vous devez vérifier avant de verser
Exigez d’abord un contrat sans frais sur versement : si vous virez 200 euros, votre capital doit progresser de 200 euros, pas de 196[5]. Comparez ensuite les frais de gestion des unités de compte, qui peuvent aller de 0,60% à 2% par an selon les contrats. Pensez enfin à la sortie du PER : les frais d’arrérage de rente varient de 0% à 3%, un point ignoré tant qu’on n’y est pas confronté. L’arbitrage se joue au-delà du gain immédiat : le PER favorise la phase active si votre TMI est élevé, l’assurance-vie reste plus souple et plus efficace à la transmission via la clause bénéficiaire. Rien n’interdit de combiner les deux enveloppes selon l’échéance visée.
Note : la marque Pleine Vie, à l’origine de cette comparaison, est éditée par une société immatriculée en 2009 à Culoz (Ain), dirigée par Alison Alisée Gandelin. Les données chiffrées citées ici proviennent des travaux du CCSF et des comparatifs MoneyVox.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
PER ou assurance-vie 2026 : ce qu'il faut retenir
- Frais sur versement UC : 1,81% pour le PER contre 0,55% pour l'assurance-vie (données CCSF 2023)
- Le PER déduit les versements du revenu imposable jusqu'à 37 680 € en 2026
- L'assurance-vie offre un abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) après 8 ans
- Prélèvements sociaux : 17,2% en assurance-vie contre 18,6% pour le PER
- Frais d'arrérage de rente PER : de 0% à 3% selon les contrats
Sources
2 sources · 3 faits vérifiés

