Dijon affiche des prix immobiliers en hausse modérée en 2026, avec des rendements locatifs jusqu’à 6,2 % dans les communes périphériques comme Longvic. Mais un rendement brut n’est qu’une façade. Ce qui décide de la rentabilité réelle, c’est le régime fiscal choisi et le taux marginal du bailleur.
Les chiffres du marché dijonnais racontent une histoire simple : l’hypercentre plafonne, la périphérie décolle. Les maisons se négocient autour de 3 246 €/m² et les appartements à 2 630 €/m² en avril 2026, selon les relevés MoneyVox. Longvic, Chenôve et Quetigny concentrent désormais l’essentiel des opportunités locatives. Un investisseur averti y trouve des rendements bruts supérieurs de près de deux points à ceux du centre historique.
Sauf que la vraie question n’est pas là . Un rendement brut de 6,2 % peut fondre à 3,5 % net une fois passé le tamis de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux. À l’inverse, deux appartements identiques dans le même immeuble peuvent dégager des rentabilités nettes écartées de 30 %, uniquement selon le régime fiscal retenu. Voilà ce qui sépare l’acheteur qui subit l’impôt de celui qui l’organise.
Ce que les prix dijonnais disent vraiment de la rentabilité
Le marché dijonnais progresse sans s’emballer. Selon la Fnaim, le prix de vente moyen atteignait 2 736 €/m² au 1er février 2026, en hausse de 1,4 % sur douze mois, mais toujours en repli de 4,1 % sur trois ans. Cette respiration masque un mouvement de fond : les transactions bondissent de 8 % dans les communes périphériques contre 2 % dans l’hypercentre au premier trimestre 2026. Le télétravail et la recherche d’espace redessinent la carte des opportunités.
Les maisons tirent le marché à l’achat. Elles s’affichaient à 3 246 €/m² en avril 2026, en progression de 1,18 % sur un mois, tandis que les appartements se stabilisaient à 2 630 €/m² avec une hausse contenue de 0,53 %[5]. À l’échelle du département, le mètre carré dijonnais dépasse de 25 % la moyenne, qui tourne autour de 2 065 €. Concrètement, un appartement de 50 m² à 2 630 €/m² représente un ticket d’entrée d’environ 131 500 €, hors frais de notaire.
| Type de bien | Prix juin 2026 | Prix juillet 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Maison | 3 229 € | 3 260 € | +0,96 % |
| Appartement | 2 748 € | 2 751 € | +0,11 % |
Source : MoneyVox (données SeLoger et MeilleursAgents)
Côté loyers, la mécanique diffère. Le loyer moyen s’établissait à 13,40 €/m² pour les maisons et 13,80 €/m² pour les appartements en juillet 2026. Sur cinq ans, les petites surfaces reculent (les T1 perdent 11 %) alors que les T3 et plus gagnent 7,7 %[4]. Traduction fiscale : la demande locative se déplace vers des biens plus grands, ceux-là mêmes qui exigent une réflexion sur le régime d’imposition car les charges déductibles y pèsent davantage.
Location nue ou meublée : le vrai arbitrage fiscal
Le rendement brut de 6,2 % annoncé à Longvic[2] n’existe pas fiscalement. Il faut choisir un régime, et ce choix change tout. En location nue, les loyers relèvent des revenus fonciers, imposés au barème progressif de l’impôt sur le revenu majoré des prélèvements sociaux de 17,2 %. Pour un bailleur dans la tranche marginale à 30 %, chaque euro de loyer net supporte donc un prélèvement combiné de 47,2 %. Sur un loyer annuel de 8 000 €, cela représente près de 3 776 € partis en impôt et contributions.
La location meublée bascule dans le régime des bénéfices industriels et commerciaux. Le statut de loueur en meublé non professionnel ouvre deux options : le micro-BIC, avec un abattement forfaitaire sur les recettes, ou le régime réel, qui autorise l’amortissement du bien et du mobilier. C’est ce dernier qui neutralise souvent l’impôt pendant plusieurs années. L’amortissement d’un appartement dijonnais de 131 500 € peut générer une charge comptable annuelle suffisante pour effacer une large part du loyer imposable, sans sortie de trésorerie.
Cet écart n’a rien de théorique. Deux investisseurs achètent le même T2 à Chenôve, loué 7 200 € par an. Le premier opte pour la location nue au régime réel foncier et déduit ses charges réelles. Le second meuble le bien et passe au réel BIC avec amortissement. À charges identiques, le second neutralise fréquemment l’imposition de son loyer pendant huit à dix ans, quand le premier reste imposé dès que ses charges sont inférieures à ses loyers. Le rendement net après impôt peut varier de plus de deux points.
Fiscalité locative à Dijon : ce qui change vraiment
Quartiers rentables : où le couple rendement fiscalité tient debout
Longvic s’impose comme le laboratoire de cette logique. Positionnée aux portes de Dijon, à proximité de l’aéroport et des axes autoroutiers, la commune affiche des rendements locatifs de 6,2 %, soit près de deux points de plus que le centre historique[2]. Son parc mêle maisons individuelles et petits collectifs, prisés des jeunes actifs et des familles. Pour un bailleur au réel BIC, ce niveau de rendement brut combiné à l’amortissement produit un cash-flow net d’impôt rarement atteint dans l’hypercentre.
Chenôve joue la carte du renouvellement urbain. La demande locative y progresse de 25 % sur un an et le quartier des Cités attire les investisseurs par des prix d’acquisition encore abordables[2]. Un prix d’entrée bas mécaniquement fait grimper le rendement brut, mais surtout il réduit la base amortissable la moins productive fiscalement : le terrain, non amortissable. Plus la part du bâti est élevée dans le prix, plus l’amortissement déductible est important. Quetigny complète ce trio de valeurs montantes.
Le contraste avec l’hypercentre est net. Là où les prix atteignent des sommets historiques, le rendement brut se comprime et la fiscalité mord davantage, faute d’amortissement suffisant pour compenser. Un investisseur qui vise le cash-flow doit regarder la périphérie. Celui qui privilégie la préservation du capital et la revente peut préférer le centre, où la liquidité reste supérieure. Ces deux stratégies n’appellent pas le même régime fiscal.
| Type de bien | Loyer juin 2026 | Loyer juillet 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Maison | 13,20 € | 13,40 € | +1,52 % |
| Appartement | 13,80 € | 13,80 € | 0,00 % |
Source : MoneyVox (données SeLoger et MeilleursAgents)
Les stratégies fiscales à activer avant l’achat
Le premier réflexe consiste à calculer le rendement net après impôt, pas le brut. Reprenons un appartement à Longvic acheté 150 000 € frais inclus, loué 9 300 € par an au rendement de 6,2 %. En location nue au barème à 30 %, l’imposition combinée sur le revenu foncier net peut absorber près de 45 % du loyer disponible après charges. Le rendement net descend alors sous les 4 %. En meublé réel avec amortissement, ce même bien peut rester fiscalement neutre plusieurs années, préservant l’essentiel du rendement brut.
Deuxième levier : la ventilation du prix entre terrain et bâti. Le terrain ne s’amortit pas. Sur un appartement, cette part est faible, ce qui maximise l’amortissement déductible. Sur une maison à Quetigny, la part de terrain est plus lourde, réduisant d’autant la charge amortissable. Un investisseur qui vise l’optimisation fiscale privilégiera donc l’appartement de périphérie, où le rendement brut est correct et la base amortissable élevée.
Troisième point, souvent négligé : les charges de copropriété et travaux. En location nue au réel, les travaux d’entretien et de réparation sont déductibles des revenus fonciers et peuvent générer un déficit foncier imputable sur le revenu global, dans la limite annuelle prévue par le CGI. Sur un bien à rénover à Chenôve, où le renouvellement urbain bat son plein, cette imputation peut effacer une partie de l’impôt sur le revenu global pendant l’année des travaux. Le déficit foncier reste l’un des rares mécanismes qui agit au-delà des seuls revenus locatifs.
Les erreurs qui plombent la rentabilité réelle
La première erreur est de choisir le régime fiscal après l’achat. Le meublé impose des contraintes dès l’acquisition : mobilier conforme, comptabilité, parfois recours à un expert. Basculer d’un régime à l’autre en cours de route fait perdre des années d’amortissement ou déclenche des régularisations. Le régime se décide avant de signer, en fonction de la tranche marginale du foyer et de l’horizon de détention.
La deuxième erreur consiste à confondre rendement affiché et rendement encaissé. Un bien annoncé à 6,2 % à Longvic suppose une vacance locative nulle et des charges maîtrisées. La moindre période sans locataire, la moindre facture de copropriété imprévue rogne ce chiffre. Le professionnel de la gestion locative peut sécuriser ce point : à Broindon, dans l’agglomération, l’entreprise individuelle THOMAS REVENU, active depuis le 9 juin 2016 et dirigée par Thomas Revenu, illustre le tissu local d’acteurs auxquels un bailleur peut déléguer la gestion pour limiter la vacance.
La troisième erreur touche la plus-value de revente. Le régime meublé au réel, s’il neutralise l’impôt sur les loyers, ne supprime pas la fiscalité de cession. Un investisseur qui achète en périphérie pour un cash-flow immédiat doit intégrer que la liquidité y est moindre qu’en hypercentre. Vendre vite un bien à Chenôve peut prendre plus de temps qu’à Dijon centre. L’arbitrage fiscal ne remplace jamais l’analyse de la revente.
Notre analyse : le rendement ne se lit pas sur l’annonce
Le discours ambiant vante Longvic à 6,2 % et Chenôve en pleine renaissance. C’est exact, mais tronqué. Ces rendements bruts ne deviennent des rendements nets compétitifs que couplés au bon régime fiscal. Un même bien peut rapporter 3,5 % net en location nue mal calibrée ou plus de 5 % net en meublé réel bien structuré. L’écart ne vient pas de la pierre, il vient du montage.
Le vrai gisement dijonnais en 2026 se situe là où le marché délaisse encore le centre : des appartements de périphérie, à part de bâti élevée, achetés à prix maîtrisé, exploités au régime réel. Le repli de 4,1 % des prix sur trois ans offre un point d’entrée que la hausse modérée actuelle n’a pas encore effacé. C’est une fenêtre, pas une garantie.
Reste la règle d’or : décider du régime fiscal avant de signer, jamais après. Le barème progressif, l’amortissement du meublé et le déficit foncier de la location nue ne se cumulent pas. Il faut choisir en amont, en fonction de sa tranche marginale et de son horizon. C’est ce raisonnement, invisible sur les annonces immobilières, qui distingue l’investisseur rentable de celui qui découvre l’impôt à la première déclaration.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié (notaire, avocat fiscaliste, CGP) avant toute décision patrimoniale.
Immobilier Dijon 2026 : prix, rendements et fiscalité
- Maisons à 3 246 €/m² et appartements à 2 630 €/m² à Dijon en avril 2026
- Rendement locatif jusqu'Ã 6,2 % Ã Longvic, soit 2 points de plus que le centre
- Prix Fnaim en hausse de 1,4 % sur un an mais en repli de 4,1 % sur trois ans
- Transactions +8 % en périphérie contre +2 % dans l'hypercentre au T1 2026
- Demande locative en hausse de 25 % sur un an à Chenôve
Sources
3 sources · 5 faits vérifiés

