Depuis le 1er janvier 2026, verser sur son PER après 70 ans ne réduit plus l’impôt. Un pan entier de la stratégie des seniors tombe.
Le Plan Épargne Retraite s’est bâti une réputation d’outil magique : on déduit ses versements du revenu imposable, on allège sa facture fiscale, et on transmet parfois un capital dans des conditions avantageuses. Beaucoup de retraités en ont fait une niche de défiscalisation pure, continuant à alimenter leur plan bien après la liquidation de leurs droits. La loi de finances 2026 ferme cette porte. Et ceux qui l’ignorent risquent une mauvaise surprise.
Le mécanisme était connu : un médecin libéral encore actif à 72 ans, ou un senior touchant d’importants revenus fonciers, pouvait verser sur son PER sans jamais envisager de débloquer les fonds. L’objectif n’était pas la retraite mais la réduction d’impôt, voire la transmission. Le législateur a tranché.
Ce qui change concrètement depuis janvier 2026
Tout versement effectué après le 70e anniversaire du titulaire ne génère désormais plus aucune déduction fiscale à l’entrée. Le levier principal qui rendait le PER attractif pour les plus âgés disparaît. Concrètement, un retraité dans une tranche marginale à 30 % qui versait 10 000 € après 70 ans économisait jusqu’ici 3 000 € d’impôt sur le revenu. En 2026, cette économie tombe à zéro.
La loi de finances a toutefois ajouté une contrepartie plus discrète : le report des plafonds de déduction non utilisés passe de trois à cinq ans[4]. Ce levier de rattrapage permet à un contribuable de mobiliser une capacité de déduction accumulée sur une période plus longue. Pour qui a sous-utilisé ses plafonds les années précédentes, le gain peut rester significatif, à condition de verser avant 70 ans.
L’avantage successoral, lui, reste en place pour l’instant. En cas de décès avant 70 ans, l’abattement atteint 152 500 € par bénéficiaire. Après 70 ans, il n’est plus que de 30 500 € à partager entre tous les bénéficiaires[3]. Un avantage que certains élus jugent trop généreux et qu’ils souhaitent encadrer, évoquant une double borne d’âge[5].
📊 Chiffres clés
- Déduction versements après 70 ans : supprimée au 1er janvier 2026
- Report des plafonds non utilisés : passe de 3 à 5 ans
- Abattement succession (décès avant 70 ans) : 152 500 € par bénéficiaire
- Abattement succession (décès après 70 ans) : 30 500 € à partager
Source : Capital.fr · Capital.fr
PER 2026 : les enjeux pour les seniors
Ce que vous devez faire
Si vous approchez des 70 ans, vérifiez votre calendrier de versements. Toute somme versée avant cet anniversaire ouvre encore droit à déduction, et vous pouvez mobiliser les plafonds non utilisés sur cinq ans. Après 70 ans, le PER perd son intérêt fiscal à l’entrée : l’argent reste bloqué sans compensation immédiate. Les retraités déjà au-delà de ce seuil doivent arbitrer entre d’autres enveloppes, comme l’assurance-vie, selon leur objectif de transmission. Un bilan avec un conseiller s’impose avant tout nouveau versement.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
PER après 70 ans en 2026 : ce qu'il faut retenir
- Versements PER après 70 ans : plus aucune déduction fiscale depuis le 1er janvier 2026
- Report des plafonds non utilisés allongé de 3 à 5 ans
- Abattement succession : 152 500 € par bénéficiaire si décès avant 70 ans
- Après 70 ans, abattement succession réduit à 30 500 € à partager
- Des élus veulent encadrer l'avantage successoral du PER
Sources
3 sources · 3 faits vérifiés