La loi Malraux a échappé de justesse à sa suppression dans le budget 2026. Elle offre jusqu’à 30 000 € de réduction d’impôt par an, à condition d’accepter des travaux lourds et 9 ans de location.
Le dispositif Malraux fait partie de ces niches fiscales qui reviennent chaque année sur la table des rabotages, puis y survivent. Le projet de loi de finances a bien tenté d’y mettre fin, sans succès. Résultat : en 2026, ce mécanisme réservé à la restauration d’immeubles anciens dans les zones patrimoniales reste l’un des rares leviers puissants pour les gros contribuables. Reste à mesurer la contrepartie réelle.
Contrairement au Pinel désormais disparu, Malraux ne cible pas le neuf standardisé. Il concerne des biens rares, situés dans des sites patrimoniaux remarquables, dont la rénovation est encadrée par un architecte des Bâtiments de France. C’est précisément cette rareté qui fait sa force fiscale et son risque.
Ce qui change concrètement en 2026
Le taux de réduction dépend de la localisation exacte du bien. Il grimpe à 30 % des dépenses de travaux pour les immeubles situés dans un Site Patrimonial Remarquable doté d’un Plan de Sauvegarde et de Mise en Valeur approuvé, ou dans certains quartiers anciens dégradés lorsque la restauration a été déclarée d’utilité publique. Il redescend à 22 % pour les biens en Site Patrimonial Remarquable avec seulement un Plan de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine.
La base de calcul est plafonnée à 100 000 € de travaux par an[1]. La réduction annuelle atteint donc au maximum 22 000 € ou 30 000 € selon la zone. Point décisif souvent oublié : Malraux n’entre pas dans le plafonnement global des niches fiscales à 10 000 €. C’est ce qui le rend attractif pour les patrimoines déjà saturés d’autres avantages. Le prix d’acquisition du logement, lui, n’ouvre aucun droit à réduction : seuls les travaux comptent.
📊 Chiffres clés
- Taux de réduction : 22 % ou 30 % des travaux
- Plafond de travaux : 100 000 € par an
- Réduction annuelle maximale : 22 000 € à 30 000 €
- Engagement de location : 9 ans
- Plafonnement global des niches : non concerné
Source : MoneyVox · Notaires de France
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Malraux : avantage fiscal contre contraintes réelles
Ce que vous devez vérifier avant de signer
La contrepartie de cet avantage est lourde. Le propriétaire s’engage à louer le bien pendant 9 ans, et le locataire ne peut être un membre du foyer fiscal, ni un ascendant ou descendant[5]. Les opérations doivent avoir été déclarées d’utilité publique, sauf plan de sauvegarde approuvé. Avant tout engagement, exigez la confirmation écrite de la zone exacte du bien : c’est elle qui détermine le taux de 22 % ou 30 %. Vérifiez aussi la solidité du programme de travaux chiffré par l’architecte. Malraux reste un investissement immobilier réel, avec ses aléas de rénovation et de revente. La réduction d’impôt ne compense jamais un achat mal négocié.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
Loi Malraux 2026 : ce qu'il faut retenir
- Réduction d'impôt de 22 % ou 30 % selon la zone du bien
- Travaux plafonnés à 100 000 € par an, soit jusqu'à 30 000 € de réduction
- Engagement de location obligatoire de 9 ans
- Dispositif non soumis au plafonnement global des niches à 10 000 €
- Travaux supervisés par un architecte des Bâtiments de France

