La CSG sur les revenus du capital bondit à 18,6 % et le gel du barème fait basculer des milliers de retraités dans l’impôt. Mais leur abattement de 10 % a finalement survécu.
Le scénario cauchemar des retraités n’aura pas lieu, ou pas totalement. La transformation de l’abattement fiscal de 10 % en forfait de 2 000 euros, présentée dans le projet de loi de finances, ne s’appliquera pas en 2026. Faute de budget voté dans les temps, la réforme est morte pour cette année. En revanche, deux autres mécanismes vont bien peser sur le portefeuille des pensionnés : la hausse de la CSG et le gel du barème.
Ce qui change concrètement en 2026
L’abattement de 10 % sur les pensions est maintenu. Le gouvernement voulait le remplacer par un forfait de 2 000 euros par membre du foyer, une mesure qui aurait mécaniquement alourdi l’impôt des retraités touchant plus de 20 000 euros de pension annuelle selon l’Institut des politiques publiques. Rejetée en première lecture, la réforme n’a pas pu aboutir : passé le 1er janvier, sans budget adopté, les niches fiscales ne peuvent plus être modifiées pour 2026.
Le vrai coup dur vient d’ailleurs. La contribution sociale généralisée sur les revenus du capital grimpe de 17,2 % à 18,6 %, soit 1,4 point supplémentaire, appliqué rétroactivement aux revenus perçus en 2025. Sont visés les plus-values mobilières, les gains sur crypto-actifs et les revenus de location meublée non professionnelle. Les revenus fonciers (locations nues) échappent à ce tour de vis. À cela s’ajoute le gel du barème : sans revalorisation des tranches sur l’inflation, un retraité dont la pension augmente légèrement peut franchir un seuil et voir son taux marginal passer de 11 % à 30 %.
📊 Chiffres clés
- CSG sur le capital : 18,6 % (contre 17,2 %)
- Hausse appliquée : +1,4 point
- Abattement retraités : 10 % maintenu (plancher 450 €, plafond 4 399 €)
- Entrée dans la tranche à 30 % : au-delà de 29 315 € de revenu imposable par part
Concrètement, pour un retraité célibataire percevant 32 000 € de pension brute, l’abattement de 10 % ramène le revenu imposable à 28 800 €, juste sous la tranche à 30 %[5]. Avec une revalorisation de 0,9 %, la pension atteint 32 288 € en 2026 et l’impôt grimpe mécaniquement d’environ 28 € dans la tranche à 11 %. Au-delà de 32 572 € de pension, le retraité bascule dans la tranche à 30 % sur la fraction excédentaire.
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Ce que vous devez faire
Surveillez la fameuse case 2OP de votre déclaration. Par défaut, vos revenus financiers subissent le prélèvement forfaitaire unique de 30 %. Cocher cette case renonce au PFU pour opter au barème progressif, un choix souvent gagnant pour les foyers modestes ou dotés d’abattements pour durée de détention[2]. Utilisez le simulateur officiel en cochant puis décochant la case pour comparer le montant final. La déclaration ouvre le 9 avril prochain. Pensez aussi à ajuster votre taux de prélèvement à la source si vos revenus ont baissé, pour éviter d’avancer une trésorerie inutile au fisc.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
Impôts retraités 2026 : ce qu'il faut retenir
- La CSG sur les revenus du capital passe de 17,2 % à 18,6 % (+1,4 point).
- L'abattement de 10 % des retraités est finalement maintenu en 2026.
- Le forfait de 2 000 euros prévu ne s'appliquera pas cette année.
- Le gel du barème fait basculer des retraités dans une tranche supérieure.
- Les revenus fonciers (location nue) échappent à la hausse de CSG.

