Le Budget 2026 vise les niches fiscales, et l’emploi à domicile se retrouve en première ligne avec un plafond qui passerait de 12 000 à 10 000 euros par an.
Dans la bataille d’amendements qui a agité l’Assemblée et le Sénat sur le PLF 2026, un dispositif discret concentre les tensions : le crédit d’impôt pour l’emploi à domicile. Né de la loi Borloo de 2005, il rembourse la moitié des dépenses engagées pour une femme de ménage, une aide à domicile ou une garde d’enfants. Ses défenseurs y voient un rempart contre le travail au noir. Ses détracteurs, une niche profitant surtout aux foyers aisés.
La logique du Budget 2026 est claire : réduire un déficit public qui dérape, quitte à alourdir la facture des ménages. Depuis 2023, chaque loi de finances ajoute sa couche de prélèvements, et celle-ci ne fait pas exception.
Ce qui change concrètement
L’amendement n°I-3458 propose d’abaisser le plafond de dépenses éligibles de 12 000 à 10 000 euros par an. Économie attendue pour l’État : environ 110 millions d’euros. Le taux de remboursement reste fixé à 50 %, mais sur une assiette plus étroite. Concrètement, un foyer qui dépensait 12 000 euros et récupérait 6 000 euros verrait son crédit d’impôt plafonné à 5 000 euros, soit 1 000 euros de moins dans la poche.
Les majorations de 1 500 euros par enfant à charge ou par membre du foyer de plus de 65 ans sont maintenues, mais le cumul maximal tomberait à 13 000 euros contre 16 000 euros aujourd’hui pour la première année. Pour la majorité des ménages, dont les dépenses restent sous ce seuil, l’impact direct resterait faible. Le danger est ailleurs : la Fédération des particuliers employeurs cite une étude du CREDOC selon laquelle 77 % des Français cesseraient de déclarer leur salarié si le dispositif était touché[1]. Un retour en arrière sur vingt ans de formalisation, avec 1,2 million d’emplois en jeu.
📊 Chiffres clés
- Plafond actuel : 12 000 € de dépenses éligibles par an
- Plafond proposé : 10 000 € par an
- Taux de crédit d’impôt : 50 % des dépenses
- Économie visée par l’État : 110 millions d’euros
- Cumul maximal avec majorations : 13 000 € (contre 16 000 €)
Source : Les Echos
PER, PEA ou assurance-vie : où placer 100, 300 ou 500 euros par mois pour votre retraite
Emploi à domicile : qui paie le rabot fiscal
Ce que vous devez faire
Rien n’est figé : le PLF 2026 a été rejeté par l’Assemblée en première lecture[3] et plusieurs mesures ont déjà été écartées[2]. Avant de réagir, vérifiez votre niveau de dépenses réel. Si vous restez sous 10 000 euros par an, le rabot ne vous concerne pas. Au-delà, anticipez une perte pouvant atteindre 1 000 euros de crédit d’impôt. Conservez vos justificatifs et attestations fiscales : le fait générateur reste la dépense déclarée sur l’année. Pour les foyers combinant garde d’enfants, aide aux seniors et ménage, un arbitrage s’impose si le cumul dépasse 13 000 euros. En parallèle, le Budget 2026 prévoit aussi un relèvement de la CSG sur les revenus du capital et une révision de l’apport-cession pour les chefs d’entreprise[2]. La prudence commande d’attendre le texte définitif avant tout engagement.
Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre indicatif et ne constituent pas un conseil en investissement, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision patrimoniale.
Crédit d'impôt emploi à domicile 2026 : l'essentiel
- Le plafond passerait de 12 000 à 10 000 € par an (PLF 2026).
- Taux de crédit d'impôt maintenu à 50 % des dépenses.
- Économie visée par l'État : 110 millions d'euros.
- Cumul maximal avec majorations : 13 000 € contre 16 000 € auparavant.
- 77 % des Français cesseraient de déclarer leur salarié selon le CREDOC.
Sources
3 sources · 4 faits vérifiés